Dans cet internat, quatre clans d'élèves hors normes s'affrontent à mort... Choisis ton camp et bas-toi !
 

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 La fumée et le caméléon dans la forêt...

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Ruby Regaina

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MessageSujet: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 20 Aoû - 16:14

    Le soleil commençait à disparaître au dessus de la cime des arbres. Dans une demie-heure, tout au plus, il ferait nuit. Ma visibilité allait commencer à se réduire, il aurait fallut que je rentre à l'internat. Mais j'avais besoin de souffler. Ça faisait quoi, maintenant, quelques temps, que je suivais la même personne jours et nuits afin d'en apprendre le plus dessus. Je n'avais pas appris grand chose, vraiment, mais j'étais patiente. Mais après l'utilisation non stop de mes pouvoirs, il fallait que je me repose. Et quoi de mieux pour se recharger que d'emprunter un peu de vitalité à chaque arbre de cette forêt ?
    J'avais depuis longtemps mis de la distance volontairement entre moi et les chemins qui évitaient à chaque idiot de se perdre. Là où j'étais, tout n'était que végétation, vie et paix. Et moi, comme un tornade détraquée, je venait ajouter des ingrédients destructeurs à tout cela. Car mes pouvoirs, c'était ça. Destruction, mort et tristesse. A chaque fois que quelqu'un me regardait, à chaque fois que j'avais un contact physique avec quelqu'un, à chaque fois que quelqu'un se disait "Cette fille, là, Kyana, elle...", je sentais une part de leur âme venir s'imbriquer en moi. C'était grisant de se sentir puissante, mais au long terme, on finissait par ne plus rien ressentir à ce sujet. Et ne plus rien ressentir, ça me faisait peur.
    Ma main parcourait distraitement le tronc d'un arbre. Son contact, sous mes doigts, était chaud. Moi, j'étais froide, alors. Rien qu'un désert de glace dépourvue de vie. J'étais triste et vide, comme autrefois. Qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Chaque année environ, j'avais cette légère dépression qui me serrait le cœur. Et à chaque fois, je fuguais de l'internat, me rendais dans un bar et me soûlais jusqu'à la mort. Alors qu'est-ce que je faisais là, à emprunter en toute simplicité la vie qu'il me manquait à d'autres ? Je n'en avais aucune idée.
    Mais les paroles d'une chanson revenait en boucle dans ma tête, depuis un petit moment déjà. Depuis que la température avait commencé à fraichir et que j'avais repensé à ce film que j'étais allé voir. L'un des seuls que j'avais jamais apprécié dans ma vie toute entière. C'était quand, déjà ? J'avais quel âge ? Le trou noir du passé m'engloutit une fois encore et je me retrouvais quelques années en arrière, quand ma vie de manipulatrice n'avait pas encore commencée...

    La salle était noire, sombre, et seul l'écran gigantesque de la salle de cinéma émettait une lumière. La présence réconfortante de Reyn à mes côtés me soulagea aussitôt. Avant que je comprenne que je revivais mon passé, tout me rendais heureuse : sa présence, sa chaleur, le fait que je puisse le toucher et qu'il ai l'air vivant. Mais le passé est tout aussi froid et noir que moi. Alors je me concentrais sur le film, comme à chaque fois.
    Il n'avait rien de particulier, c'était un film qui avait été célèbre au moment de sa sortie. C'était quasiment un documentaire, et le début ne m'avait pas intéressé. Jusqu'à ce que je vois et que je trouve une correspondance entre l'habitat de là-bas et moi-même. Le blanc signifiait à la base la pureté. Mais pour moi, à partir de ce moment, il signifiait la mort et le froid. L'absence totale de vie.
    -Won't you open for me... entonna la chanteuse dans le film.
    L'anglais se fit une place dans ma tête. A presque treize ans, je comprenais presque parfaitement cette langue, comme l'espagnol. Les paroles en elles-même ne me faisaient ni chaud ni froid, mais la voix et les sons en arrière plan ainsi que l'impression de froideur qu'ils s'en dégageait me faisait frisonner. Je fermais les yeux, et comme à chaque fois que je revivais ce moment peu douloureux du passé, mon souvenir s'effaçait avant la fin de la chanson...


    Je ne rouvris pas directement les yeux. Sous mes jambes repliées sous moi, je sentais le sol. Ma main était toujours posée sur le même arbre, et ma tête était penchée en avant, comme si j'avais dormis un instant. Le ciel projetait ses rayons oranges de partout que je pouvais même voir les yeux clos. Mais quelque chose avait changé dans l'arbre sous ma main. Ma peau à moi me semblait brûlante, et lui extrêmement froid, mort...
    Mes yeux s'entrouvrirent sur un arbre mort. Le tronc sous ma main était toujours le même, mais au delà d'un rond de vie de vingts centimètres de diamètre, l'arbre était mort. Ses feuilles étaient mortes et n'avaient pas eu le temps de tomber tellement le drame s'était abattu rapidement. Les branches étaient devenue plus fines et avaient blanchies. Tout autour de l'arbre dans un périmètre de cinq mètres, la végétation était morte.
    Lentement, je retirais ma main de la parcelle du tronc qui semblait vivante. Mais qui pourrie aussitôt ma main enlevée. Je ne comprenais pas. Je n'avais pas voulue provoquer un tel désastre. D'habitude mon pouvoir ne retirait qu'un petit peu d'énergie. Mais là...

    - I have opened for you the door to the ice world... To my white desert...

    J'avais seulement murmuré ces paroles. Mais j'étais pourtant sûre qu'elles se répercutaient sur chaque arbres de cette forêt et qu'elles résonnaient dans mon esprit comme un requiem. Je me levais et passais la main dans mes cheveux avant de rire. Hystérie, folie, gêne ? Aucune idée. Le rire était monté dans ma gorge et je n'avais tout simplement pas pu le réprimer. Je regardais autour de moi. Les arbres alentours n'étaient pas morts mais semblaient tout de même malades.
    Je m'éloignais de ce périmètre de mort et m'enfonçais à nouveau dans la forêt. J'essayais de ne pas penser à ce que je venais de faire. J'avançais juste. Jusqu'au moment inévitable de l'arrivée de la nuit. Et merde, il faisait noir et même si j'avais une très bonne vision, je ne pourrais pas rentrer à l'internat comme ça... Une chance que-

    Crac !

    Je me retournais rapidement vers la source du bruit et plissais les yeux. La lune éclairait assez pour que je distingue la silhouette d'un être humain se dessiner. Ma main se porta aussitôt à ma poche de pantalon où était mon couteau...

    - Qui est là ? demandai-je d'une voix agressive qui signifiait clairement que je risquais de lui faire la peau à tout instant.
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Kazuki Egawa
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 20 Aoû - 18:31

Il y avait quelques temps, j'avais fait du bowling avec une membre des Heaven en surmontant ma paranoïa, l'ignorant totalement, en fait. Et visiblement, j'avais choisi la bonne personne. Kyana Ashriel, assaillante des Heaven. Jusque là tout était normal. Une jeune fille normale pour l'établissement, c'est à dire quelqu'un qui a fini par trouver cette guerre divertissante. Par contre, j'avais appris qu'elle bien plus que ce qu'elle prétendait être au premier abord: une ex-Naught. Le seul problème, c'était que se souvenir de quelque chose qui était sensé avoir été effacé et en parler avec la jeune fille pour aller jusqu'à lui réciter ses pouvoirs, ça attirait l'attention. Après, elle avait dit qu'elle ferait ses recherches sur moi. Tout cela m'importais peu puisque, de toute manière ce n'était qu'une goutte dans l'océan des personnes qui voulaient m'espionner pour me tuer ou pour n'importe quelle autre raison d'ailleurs. Bon, d'accord, elle n'avait pas explicitement dit qu'elle allait faire ses recherches mais elle l'avait laissé entendre.

Le soir même, j'étais en train de réfléchir, comme à mon habitude, sur tout ce qui avait pu, soit être capté par les camps adverses, soit être utile aux Estate quand je me suis dit que Kyana était une pièce vraiment intéressante dans cette guerre. Qu'elle permette aux Estate de conclure une alliance en étant utilisé correctement ou pas, cela n'avais pas d'importance dans mes yeux. L'intérêt principal de la jeune fille était le fait qu'elle avait bannie des Naught mais qu'elle conservait une part de loyauté à leur égard. Si l'on prenait une vue logique sur cette guerre, on pouvait en conclure que chaque personne appartenait soit à une faction soit à aucune. Par contre, si Kyana éprouvait de la loyauté entre deux camps, cela voulait dire qu'elle n'était pas entièrement Heaven mais que son côté Naught l'affectait toujours. Ce qui pouvait s'avérer très intéressant à observer dans une guerre ou ces deux clans avaient des objectifs totalement différents. De plus, il s'était livré à la jeune fille même si celle-ci n'avait pas obtenu d'information réellement importante et cela voulait dire qu'il ne pouvait tout simplement pas la laisser comme ça.

Logiquement, pendant les journées suivantes, j'essayais de trouver des indices sur l'endroit ou elle était mais, avec toute la charge de travail d'un leader, le temps libre était, définitivement, rare. Et, étrangement, elle n'avait pas l'air de me suivre alors qu'elle était sensée essayer de trouver des informations sur moi. Ou, en tout cas, je ne la voyais pas. Avec les différents échecs auxquels je fus confronté en surveillant les alentours, il ne me restait plus qu'une seule chose à faire: l'écouter. Essayer de glaner des informations sur Kyana avec sa clair audience n'était pas très bon pour sa propre vie sociale mais il était obligé de recourir à ce moyen d'espionnage si il désirait s'entretenir avec quelqu'un qui s'était apparemment volatilisée. Et là, il commença à s’apercevoir que quelque chose clochait avec la jeune fille: il ne l'entendait pas. Rien n'y faisais. Il avait beau essayer, que ce soit en plein milieu du repas de midi ou juste après les cours, elle ne faisait aucun bruit. Et ne pas faire de bruit pendant de tels moments signifiaient qu'elle pouvait cacher sa présence.

Après tant d'échecs et une telle révélation, il était apparent que Kyana disposait d'un autre pouvoir, lié à la dissimulation et qu'elle l'avait caché pendant longtemps puisque aucune rumeur à ce sujet ne lui était jamais parvenu, et ce n'était pas faute d'avoir cherché dans sa mémoire. Alors il allait falloir que j'attende qu'elle ait fini ce qu'elle faisait avant d'être capable de la revoir pur continuer le plan original qui visait à tisser des liens avec les autres clans même si leurs membres étaient dangereux. Alors, évidemment, à force d'agresser mes tympans jours et nuits à force de chercher une simple personne, dès que j'entendis enfin quelque chose, je me dirigeais à grands pas vers la source: la forêt.

Bon, je l'admet, dans mon empressement, je n'ai pas marché mais j'ai utilisé un portail pour me rendre sur les lieux encore plus rapidement. Me guidant à l’ouïe, et en marchant avec attention, pour ne pas montrer de signes de ma présence avant de l'avoir réellement trouvée, je commençais à maudire cette forêt. Une forêt la nuit, ça à l'air calme mais, en réalité, c'est un calvaire pour les tympans. Au moment ou je débouche sur la zone d’où semblait provenir le premier bruit, je tombais nez à nez avec une partie de forêt entièrement dévastée. Toute la végétation morte. Bon, à vrai dire, je préférais largement le fait que ce soit les végétaux qui soient morts plutôt que l'un des élèves, plein de sang mais ça ne change rien la surprise: qu'est-ce que Kyana faisait à tel endroit? En concentrant mon audition, parmi tout les bruits de la forêt, j'entends des bruits de pas au milieu d'un véritable tumulte et j'essaye de les poursuivre, en silence. Hululement et...

Crac !

Un hululement aussi fort, ça me fait sursauter. Ce pouvoir de clairaudience est vraiment gênant parfois et j'étais obligé de le stopper sous peine d'avoir un mal de tête épouvantable. Quoique, vu l'état ou j'étais maintenant, avec des oreilles qui sifflent et me font mal, ce n'est pas un mal de tête qui changera la donne. Heureusement, la personne qui a entendu ce bruit, celle que je poursuivais était Kyana, comme en attestai sa voix, même si elle brutale. Enfin, ça se comprenait dans une telle situation. Je me rapproche donc de la silhouette de Kyana en lançant, détaché, un:

"-Salut Kyana, c'est moi, Kazuki!"

Bon, maintenant, il y avais moins de chances que je me fasse écorcher vif mais je ne pouvais être certain de sa réaction donc il fallait quand même que je m'attende au pire. Je continue donc à me rapprocher de celle-ci pour enchainer avec une question normale et qui va me permettre d'obtenir un peu plus de temps avant d'expliquer pourquoi je suis dans les bois à cette heure puisque je n'ai pas encore réfléchi à cette question:

"-Comment ça va?"

Parfait. Le début d'une conversation normale marquant une rencontre normale. Sauf que, là, j'étais clairement suspicieux aux yeux de la jeune fille: le leader des Estate qui se balade la nuit dans la forêt et qui tombe sur une de ses connaissances, c'est vraiment peu crédible. Mais pour l'instant, voyons ce qu'elle va répondre. Avec un peu de chance, le sujet sera éviter. Je rêve éveillé mais ce n'est pas grave.

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Ruby Regaina

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 20 Aoû - 20:23

    La silhouette se rapproche dangereusement de moi. Si elle continuait à s'avancer vers moi dans la pénombre, même si c'était une connaissance, je l'égorgerais. J'avais les muscles tendus, la gorge nouée, le cœur qui battait si fort que je pensais l'entendre.

    - Salut Kyana, c'est moi, Kazuki !
    annonça la silhouette.

    Je ne me relâchais pas pour autant. C'était sa voix, oui, je pouvais la reconnaître, mais beaucoup de personnes pouvaient imiter les voix dans cet internat et comme je voyais très mal et que je ne faisais pas non plus confiance à Kazuki, je ne comptais pas me laisser approcher.

    - Comment ça va ? demande l'autre personne.

    Nan mais il pose ce genre de question dans ce genre de moment ?! Et il continue à s'approcher, en plus. Je plisse les yeux dans le noir hésite en voyant que plus qu'un mètre nous sépare et... laisse mon instinct parler. Je le choppe, ouvre mon couteau pliant, pivote sur moi-même et arrive dans son dos. Je ralentis tout son corps ainsi que son cerveau et pose la lame sur son cou. Je n'appuie pas mais lui fais comprendre que s'il essaye de bouger (il n'y arrivera pas de toute façon) je l'égorge.

    - Qu'est-ce que tu fais là ? je lui murmure en sifflant, même si je savais qu'il ne pouvais pas répondre si son corps était immobilisé.

    Dans ma tête, une idée tourbillonnait dangereusement. Il me suivait, me suit. Aucune excuse n'était valable pour ça, et il n'aurait pas pu dire le contraire. Je m'étais paumée exprès et il avait réussit à me suivre par je ne sais quel moyen. Mais pourquoi ? J'avais tout sauf envie qu'on me suive, et ça me rendais plus méfiante par rapport à lui qu'autre chose.
    S'était-il aperçue que je le suivais depuis quelques jours ? Ou justement, lui, cherchait-il à faire de même avec moi mais ne pouvait pas parce que... j'étais justement en train de me camoufler et de l'observer ? Mais bordel ! Il s’imaginait que j'allais me laisser facilement suivre et réagir comme si de rien n'était ?!

    - Pourquoi tu m'as suivis ?

    Et puis je repassais mentalement mon chemin. L'internat, passage par la ville, puis la forêt. Et dans la forêt... l'accident avec la végétation. Il a vu ? La photo mentale de l'arbre et de la végétation en pleine décomposition vient me sortir de ma peur que j'avais eu en le voyant approcher. J'enlève le couteau de dessous sa gorge, m'écarte subitement de lui et lui rend sa mobilité. J'hésite. Lui effacer la mémoire ? J'avais bien vu que ça ne marchait pas sur lui. Le tuer ? Je ne pourrais pas l'approcher par surprise, cette fois. Et puis il avait vu ce que j'avais fais. J'en étais sûre.
    Alors la seule chose que je trouvais à faire pour me sortir de cette situation, c'est fuir. Je devint invisible, augmentais ma vitesse et... disparue dans la nuit en courant rapidement. Bien sûr, on pouvait m'entendre, je n'avais pas cette précaution de me cacher à nouveau. Je mis de la distance entre moi et lui, ignorant le fait qu'il puisse utiliser ses portails qui étaient de gros raccourcis. Dix kilomètres plus loin, je m'arrêtais subitement et sautais dans un arbre. La vitesse m'ayant donné assez d'élan, je m’accrochais à un branche, me relevais et m'asseyais sur cette dernière. Toujours invisible, je me recroquevillais et... une vague d'émotions - peur, tristesse, colère - s’abattit sur moi. Et quand c'est trop fort pour que je le supporte, je n'y peux rien, je pleure.
    Je restais pendant quelques minutes - ou heures ?- seule sur cet arbre, jusqu'à ce que j'entende quelqu'un approcher...


[PS : sorry assez court XD]
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Kazuki Egawa
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 20 Aoû - 22:07

Bon. Kyana réagissait vraisemblablement à l’instinct et il allait falloir que je fasse quelque chose à propos de son pouvoir d’accélération si je voulais arriver à quelque chose. En tout cas, c’est ce que j’ai compris de ces actes récents. Mettre un couteau sous la gorge du leader des Estate et l’empêcher de bouger ? Rien d’imprévisible mais ce n’est pas très sympa. Je lui avais déjà annoncé mon plan futur et elle, là, elle l’ignore. Enfin, pas totalement. Elle ne me tue pas mais. C’est normal, c’est prévu puisque je n’avais pas décidé de réagir dans le fragment de seconde ou elle a agi mais je commençais à me demander si mes paris sont un peu trop audacieux. D’ailleurs elle a compris que je la suivais puisqu’elle m’en parle. Enfin, suivre, c’est pas vraiment ça, hein ? Je ‘apprête à lui répondre et là, pouf, elle disparait de mon champ de vision. Visiblement, elle peut devenir invisible ou un truc comme ça mais ça n’empêche pas les bruits de passer. Etrange. Ca explique certaines choses mais, pour d’autres, cela soulève des interrogations.

Bon, maintenant qu’elle s’était enfuie, il fallait que je réactive cette fichue clairaudience pour la retrouver. J’essayais de lier une amitié et elle, en retour, elle m’agresse puis elle fuit sans attendre les réponses aux questions qu’elle demande et elle en profite pour me refiler un mal de tête et des oreilles ? Merci Kyana. Croyait-elle qu’elle pouvait m’échapper comme ça et que j’abandonnerais aussi vite ? Et bah raté. Maintenant, j’allais lui prouver le contraire. C’était devenu une affaire personnelle : qu’importe l’absence de résultat, j’allais améliorer ma relation jusqu’à un bon niveau. Après ces délibérations, je m’occupe de contrer ce pouvoir de décélération avec une bombe à odeur que je retiens par la pensée puis je recommence à torturer mes oreilles pour cette fille.

Suivre sa trace n’était pas bien difficile, elle ne prenait même pas la peine de se cacher. Je décidai rapidement d’attendre qu’elle finisse par s’arrêter parce que, si j’attendais assis dans l’herbe, le calvaire de ces oreilles était moindre. Au bout d’un moment, j’entends un bruit qui semble indiquer qu’elle est montée dans un arbre suivi par… des pleurs ? Et merde. Si elle pleure comme ça c’est qu’il y a vraiment un problème. Mais quoi ? Une ex-Naught n’est pas censée être ébranlée par ça donc… La végétation morte ? Elle avait tué cette végétation avec un pouvoir? Non, ce n’était pas exactement ça… La végétation s’était faite tuée par l’un de ses pouvoirs. Elle ne le contrôlait pas. En tout cas pas parfaitement. Voila qui expliquait beaucoup de choses. Prenant un raccourci pour e rendre près d’elle, je continuais à penser à ce que je venais de découvrir : Ne pas contrôler ce genre de pouvoir avait, sans hésitation possible, eut un impact important sur la vie et la personnalité de la jeune fille.
Arrivé près de l’arbre ou elle s’était réfugiait, je me rapprochais de celui-ci après avoir envoyé un oiseau de fumée lui prévenir que j’étais moi. Avoir une pipe avec soi en toute circonstance, c’était utile. Une fois suffisamment près pour voir Kyana, c’est le choc. Je m‘attendais à la voir en mauvais état certes, mais pas à tomber nez à nez avec une Kyana recroquevillée et pleurant autant. Pas étonnant qu’elle ne se soit pas encore enfuie une deuxième fois. M’appuyant contre le tronc, je commence à lui parler :

« -Bon dieu, Kyana. On ne joue pas à cache-cache dans un tel état. »

Ce n’était pas très glorieux pour l’instant mais il n’avait pas mieux. Enfin, maintenant qu’il y réfléchissait, il y avait quelque chose mais c’était… dangereux. Grimpant sur une autre branche que celle de Kyana, je me mis à sa hauteur, sans aucun signe d’agression puis je sortis un paquet de bonbons de sa poche, l‘ouvrit, en prit un pour montrer qu’il n’était pas empoisonnés et tendis le paquet à la jeune fille avant de reprendre :

« -Prend-ça. Ce n’est pas grand-chose mais bon. Il faut que tu comprennes que tout ce que je cherche c’est lier une amitié. Si tu pouvais avoir confiance ça faciliterait grandement la tache mais puisque tu ne veux pas, je vais être obligé de te prouver le contraire. *soupir* Pour l‘instant reste là, je m’occupe de toi.

Mais qu’est-ce que j’étais en train de faire au juste ? Je foutais ma nuit entière en l’air juste parce que j’étais trop amical et compréhensif ? Ça allait vraiment finir par me jouer des tours un jour.

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 20 Aoû - 23:58

    La tête enfouis dans mes bras, mes deux jambes repliées et serrées contre moi, j'écoutais les bruits alentours. Les bruits de pas s'étaient rapprochés de l'arbre où j'étais et je n'avais pas réagis. J'avais arrêtée de pleurer dès que je l'avais entendue arriver. Comment il m'avait retrouvé ? Aucune idée. Peut-être qu'un jour je le saurais. En tout cas au début il décida d'aller s'appuyer contre le tronc. Je relevais légèrement la tête pour le voir, laissant juste visibles deux iris verts virant sur le rouge depuis quelques minutes.
    Je commençais sérieusement à sentir mon pouvoir d'absorption m'échapper. Il avait fallut d'un malheureux souvenir pour qu'il détruise tout sur son passage, pour qu'il me glisse à nouveaux entre les mains. Je savais comment doser, mais pas l'arrêter. C'était une bombe destructrice à retardement que je possédais, et même si le pouvoir, la douleur, ne me faisait que rigoler, il y avait des périodes où... je rejetais tout ça. Toute cette souffrance que je causais, toutes les morts que je pouvais faire sans pourtant le vouloir. Quand je le voulais, c'était autre chose. Mais quand la vie ou une partie de vie qu'il vous reste vous échappe, vous perdez simplement pied. Certains deviennent agressifs, d'autres s'enferment dans quelque chose (moi en temps normal, quoi...) et les autres se contentent de pleurer.


- Bon dieu, Kyana, commença à dire Kazuki. On ne joue pas à cache-cache dans un tel état.


    Même si ma vision était brouillée par les pleurs et que la luminosité était peu développée avec un simple premier quartier de lune, j'arrivais à le voir. Et sa vue me faisait grincer des dents. Non mais de quoi il se mêlait celui-là ? Si j'avais envie de chialer, je pouvais chialer, si j'avais envie de jouer à cache-cache, je le faisais, et si j'avais envie de l'égorger, qu'il ne pense pas le contraire, je le ferais. Je n'avais pas besoin de son approbation pour ça.
    Aussi, il devait être suicidaire. Il monta dans une branche juste à côté de moi, sans être agressif pour autant, et quand il fut à ma hauteur, s'assit sur sa branche. J'hésitais un instant avant de me rendre à nouveau visible et de lui lancer un regard noir. Il mit sa main dans sa poche et je me crispais, prête à voir quelque chose de mortelle - baies empoisonnées, couteau, pipe à gaz toxiques voir, pire, un flingue. Et bien, j'étais loin du compte ! Il sortit... un paquet de becs ! Mon regard s'illumina aussitôt à la vue des bonbons (même si je pouvais en avoir en illimité...) et toutes traces de tristesse ou d'une quelconque dépression disparue de mon esprit. Mes pensées étaient obnubilées par deux mots...


*Des BONBONNNNNNNNS*

    Tu me montrais ça, je pouvais te bouffer la main avec. C'était le traité de cessez le feu le plus efficace avec moi. La bouffe. Les bonbecs. J'en bavais à l'avance. Même s'ils avaient été empoisonnées je les auraient bouffés sans une once d'hésitation (même si on me l'avait dit). De toute façon le poison n'avait aucun incident sur moi... Mais Kazuki, en gentil Estate qu'il était, en mangea un pour me prévenir qu'ils n'étaient pas empoisonnés. Boarf, s'il l'avait voulue il aurait pu empoisonner les autres mais... bonbons... Il me tendis le paquet et me dit :


- Prend-ça. Ce n’est pas grand-chose mais bon.

    Je n'eus pas besoin de meilleure invitation pour le prendre. J'essayais de paraître désinvolte en prenant le paquet mais la lueur de plaisir qui habitait mon regard à chaque fois qu'un bonbon était dans un périmètre de moins de dix mètres. Le paquet était déjà ouvert et je ne mis pas beaucoup de temps avant d'enfourner une première poignet de becs dans ma bouche. Leur goût sucré se répandit dans toute ma bouche et me réconforta mieux qu'aurait pu le faire un humain. Je dépliais une de mes jambes et la calait sur ma branche avant de poser ma tête contre le tronc de l'arbre, tout en écoutant ce que me disait Kazuki.


- Il faut que tu comprennes que tout ce que je cherche c’est lier une amitié.

    Quand il disait lier une amitié, on avait franchement l'impression qu'il liait une alliance. Un truc sérieux quoi. Alors que pour moi l'amitié avait toujours eu une connotation... marrante, tout sauf sérieuse. Alors je me demandais sérieusement si ce n'était pas ça qu'il cherchait : devenir ami avec moi (plutôt essayer d'apprivoiser un animal sauvage) puis m'utiliser pour lier des alliances avec les Naught et les Heaven (ce qui rejoindrait à merveille ses intérêts et plans...).


- Si tu pouvais avoir confiance ça faciliterait grandement la tache mais puisque tu ne veux pas, je vais être obligé de te prouver le contraire.

    Il soupira. Lui faire confiance ? Je lui avais déjà dis la réponse lors de la partie de bowling, même si ça cachait un sous-entendu. Je ne faisais confiance qu'à moi et moi même. Et même, des fois, ça n'était même pas valable, comme aujourd'hui...


- Pour l‘instant reste là, je m’occupe de toi, finit-il par me dire.

    Merci nounou, je peux avoir mon biberon maintenant ?


*Crétin, va*

    Je soupirais à mon tour avant de mettre trois autres bonbons dans ma bouche. Je ne savais pas quoi dire, je ne savais même pas si je pouvais parler et dire quelque chose de cohérent. A vrai dire, qu'est-ce que je pouvais vraiment dire ? "Désolé, j'espère ne pas t'avoir fais mal..." ? Ça n'aurait servie à rien à part montrer que j'avais un bon fond, et aussi que j'aimais les bonbons. En plus, je lui faisais du mal en permanence : en ce moment même, il était indirectement en contact avec moi, et je devais certainement occuper ses pensées. Alors si je lui disais cela, ça m'aurait parut aussitôt stupide et je m'en serais mordue les doigts.


- Je... commençai-je à dire avant de me taire.

    Je pris une autre poignet de bonbons, les dématérialisais afin de les garder pour plus tard et rendis le paquet à Kazuki.


- Merci pour les becs. Mais j'suis pas très fan, désolé.

    Je regardais mes mains, paumes tournées vers le haut. Les rayons argentées qu'envoyait la lune se reflétaient sur ma peau. J'inspirais longuement avant d'expirer, le tout pour prendre du courage et parler sans m'effondrer de nouveau.


- Bon...


    Recommençons du début. Quelle avait été ma première question ?


- Qu'est-ce que tu fais là, donc ?

    Je tournais la tête vers lui en me rendant compte que je me souvenais parfaitement de ses traits, et pourtant je ne les voyais que peu dans la pénombre naturelle. J'avais passée les derniers jours à l'espionner et j'avais eu le temps de l'observer. De taille moyenne, disons qu'avec seulement trois centimètres environ de plus que moi il n'était pas un géant, avec des traits fins, des yeux noisettes et des cheveux châtains. Il est Japonais, oui, aucun doute. Mais je n'arrivais toujours pas à me faire à la longueur de ses cheveux : jusqu'aux genoux, quoi ! Je veux bien mi-long, mais jusque là... Je ne savais même pas comment il faisait...
    Je détournais les yeux de son visage et effaçais mes pensées avant de regarder la lune à travers le feuillage. J'aurais pu m'endormir, mais après ce qu'il s'était passé je ne pouvais pas trop... Alors je me contentais simplement de glisser ma jambe dans le vide et de la balancer tout en restant accrochée à l'astre lunaire.


[PS : comme tu peux le voir, la taille de mes réponses est très aléatoire XD]
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Kazuki Egawa
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Sam 25 Aoû - 9:31

Je maintenais mon regard sur Kyana en m’apercevant que ses yeux, qui étaient visibles depuis le moment où j’étais arrivé, était d’une couleur étrange : rouges. Normalement la jeune fille n’était pas sensée avoir les yeux d’une telle couleur, si différente du vert que cela ne pouvait certainement pas être dû à la luminosité. Etait-ce un signe qui témoignait du fait que son pouvoir potentiellement mortel était toujours activé sans être sous contrôle ? Si tel était le cas, je comprenais ou à fait cette fuite et la situation ou je me trouvais en m’approchant de l’assaillante des Heaven : une situation bien plus dangereuse que ce que j’avais pensé. Mais ce n’était pas quelque chose auquel je devais prêter une attention importante maintenant. Et en aucun il ne fallait que je demande des explications à Kyana alors qu’elle dans un état aussi… joyeux ?

A ma grande surprise, le comportement de la jeune fille changea du tout au tout dès l’instant où celle-ci vit le paquet de bonbons. Celle-ci semblait aduler les bonbons si l’on en croyait la lueur qui s’était allumé dans ses grands yeux, mêlés de vert et de rouge. De plus, elle enfourna une énorme quantité de ces bonbons dans sa bouche en une seule fois et juste après l’obtention du paquet. Pendant qu’elle écoutait ce que je lui disais, Kyana semblait focaliser une importante parie d’attention sur les bonbons. Visiblement, les bonbons avaient progressé plus que moi dans leur relation avec la jeune fille. Bonbons, la nouvelle arme de destruction massive. Cela ne fit que renforcer la certitude de Kazuki : il allait devenir ami avec Kyana : il était bien mieux que de simples bonbons, quand même !

« - Merci pour les becs. Mais j'suis pas très fan, désolé. »

Cela m’arracha un sourire : alors comme cela, elle aimait tellement les bonbons qu’elle se sentait obligée de me le cacher ? C’était bon à savoir mais, en même temps, elle avait raison : elle n’était pas très fan des bonbecs mais absolument fan des bonbons. Parfois, les nuances étaient très importantes puisqu’elles pouvaient permettre de transformer les mensonges en vérités et les vérités en mensonges. Kyana inspira ensuite un grand coup, visiblement pour se donner du courage : parler dans un tel état n’était pas simple, après tout et j’en avais conscience mais, d’après moi, c’était nécessaire et positif. Le minimum vital aurait été de m’écouter monologuer mais j’étais heureux de l’effort qu’elle faisait, qu’elle qu’en soi la raison.

« - Qu'est-ce que tu fais là, donc ? »

Et voilà la question que j’attendais : celle qui concernait ma présence dans les bois à une telle heure. Quoi qu’en pense la jeune fille, je n’étais pas en train de la suivre mais de la chercher. Je pouvais donc nier l’accusation qu’elle m’avait lancé tout à l’heure mais cela ne servirait à rien à part la rendre suspicieuse si je n’expliquais pas la raison de ma présence dans les bois. Et celle-ci ne pouvait être une autre raison que la jeune fille dont les cheveux verts tombaient sur la branche près de la mienne. C’était l’évidence même : un idiot serait capable de s’en apercevoir donc Kyana n’allait pas gober ça. La seule solution, c’était la vérité. Et si je lui disais la vérité, cela renforcerait sa confiance envers moi, non ? De toute manière, si l’on ajoute quoi que ce soit à zéro, cela me serait toujours profitable. M’installant un peu plus confortablement sur ma branche, je commençais par la renseigner sur la simplicité même :

« Je... ne te suivais pas... Je… te cherchais. Car…»

Je la cherchais oui, mais pourquoi ? Quelle était l’exacte raison de ma recherche ? Le fait qu’elle m’ait suivi, probablement. Mais en quoi était-ce si important ? Je n’en étais toujours pas sûr mais il fallait que je trouve la réponse. Regardant le paquet de bonbons qu’elle m’avait rendu, je sortais le dernier bonbec du paquet et le plaçai dans ma pipe avant d’y mettre me feu. Une odeur de bonbon flambé ainsi que de la fumée commença à envahir l’atmosphère sans pour autant que la fumée ne s’approche trop de la jeune fille. Menant ma pipe à mes lèvres pour y souffler un coup, je décidai de commencer à m’expliquer.

« -Je… Je suis devenu le leader des Estate il y a un an et avant cela, j’étais le second. Hors, il est parfaitement normal que les différents clans m’espionnent ou tentent de m’assassiner avec certains de leurs ghosts. Par conséquent, même avec un camouflage tel que le tien, je sais que tu m’as espionné pendant un certain temps. Après tout, comment n’aurais-je pas pu le remarquer si ce camouflage possède de telles failles ? Je ne te reproche pas le fait de m’espionner seulement…

Je m’arrêtais un moment pour chercher la suite et recommencer à fumer ma pipe. Pendant cet instant, je décidai de regarder la lune, qui nous éclairait, ce qui attira évidemment mon attention sur les feuilles de l’arbre sur lequel nous étions perchés : les mêmes que celle sur l’emblème de mon clan. Levant ma main, je détachais une feuille avant de reprendre les explications.

« -Seulement, le fait d’être espionné ne me plait pas. Si c’était une autre personne, cela passerait encore mais je n’ai pas envie de tuer accidentellement une personne avec laquelle je désire devenir ami. Les morts ne me parlent pas encore donc cela serait un échec total et je refuse de perdre. Parce que, oui, je suis le leader des Estate et je ne le suis pas devenu pour rien. Si tu penses que je suis faible, suicidaire ou quoi que ce soit, tu es loin de penser juste. »

Je stoppais un moment en dirigeant mon regard vers les cheveux de Kyana, qui contrastaient avec le vert des feuilles tout en fouillant ma poche à la recherche de ce que j’avais utilisé précédemment pour mettre le feu au bonbon qui était en train de continuer à produire de la fumée dans ma pipe. Des cheveux verts, c’était inhabituel mais, pour l’instant, cela n’avait pas d’importance, je devais continuer à parler.

« -Bon, en fait, je pense que tu es capable de survire seule et sans aucun problème mais il vaut mieux prévenir que guérir. Le point négatif est ailleurs. En fait je n’apprécie pas le fait d’être espionné jour et nuit d’une telle manière par une personne dont j’essaye de devenir l’ami. Si tu veux m’espionner le jour, fais-le à découvert, de toute manière cela ne changera rien puisque d’autres personnes seront-elles aussi en train de me suivre discrètement, comme chaque jour, j’en suis sûr. Et comme cela nous pouvons discuter ce qui est bien mieux pour atteindre un niveau amical. Maintenant, si tu tiens réellement à espionner mes nuits, change de chambre. »

Ayant fini de donner mon opinion sur quelque chose qui ne me regardais pas mais qui étais l’une des raisons pour laquelle j’étais venu dans cette forêt à la poursuite de cette jeune. Je n’allais quand même pas lui donner toutes les raisons et surtout pas le fait que j’étais curieux : qu’est-ce qu’une jeune fille de 17 ans faisait dans les bois, la nuit ? Réponse : faire mourir la végétation. Bon, théoriquement, il avait toujours la possibilité qu’elle y soit venue pour une autre raison mais, à ce point, ma curiosité était satisfaite. Regardant la feuille dans ma main, j’y mettais le feu. Une feuille qui brûle. L’emblème des Estate. Qui, en supplément, produisait de la fumée. Une feuille qui symbolisait…

« -Dis-moi, Kyana… Que vois-tu dans l’emblème de ton clan, toi ?



[C'est pas forcément génial mais bon, je suis en vacances. /Sbaff/]

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Sam 25 Aoû - 17:17

    Pendant quelques instants, il a semblé réfléchir. Hum... ça cachait forcement quelque chose. Mes le goût des bonbons qui restait sur ma langue me faisait bien vite oublier que ce mec était certainement l'un de mes pires ennemis - même s'il prétendait vouloir être mon ami. Je ne pense pas qu'il avait compris que je n'étais pas capable de vouer une confiance aveugle à quelqu'un, ni une confiance tout court. Pourquoi ça ? Car quand on trahissait la confiance de quelqu'un, et bien, ça faisait mal... Habituellement, je ne craignais pas la douleur physique, mais la douleur mentale, c'était autre chose...
    Enfin, il décida de parler et de me répondre, tout en bougeant un peu sur sa branche pour se mettre certainement plus confortablement. Moi de mon côté je balançais toujours aussi distraitement ma jambe dans le vide en regardant d'un air rêveur la lune...

    - Je... ne te suivais pas... Je… te cherchais. Car…

    Envolé, le goût des bonbons. Dans mon esprit, une seule idée dominait tout le reste.
    *Menteur*
    S'il me cherchait tout simplement, même à l'aide de ses portails et avec dans sa poche la télé-localisation, il n'aurait certainement pas pu me trouver sans me suivre un temps soit peu. Et puis, pourquoi on voudrait me chercher, moi ? Sérieusement, on avait une tonne d'autres personnes qu'on pouvait chercher pour n'importe quelle raison, mais... pas moi ! Néanmoins, alors que j'ouvrais ma bouche pour répliquer sèchement, il continua sa phrase :

    - Je… Je suis devenu le leader des Estate il y a un an et avant cela, j’étais le second. Hors, il est parfaitement normal que les différents clans m’espionnent ou tentent de m’assassiner avec certains de leurs ghosts. Par conséquent, même avec un camouflage tel que le tien, je sais que tu m’as espionné pendant un certain temps. Après tout, comment n’aurais-je pas pu le remarquer si ce camouflage possède de telles failles ? Je ne te reproche pas le fait de m’espionner seulement…

    Hum... à ma connaissance, mon camouflage ne comportait aucune faille. Mais c'est vrai que dès que j'arrêtais de cacher ma présence par manipulation, tout le monde pouvait m'entendre. J'étais discrète sans manipulation, bien sûr, mais pas inaudible. Je reniflais et frottais mes yeux d'une main.

    - Seulement, le fait d’être espionné ne me plait pas. Si c’était une autre personne, cela passerait encore mais je n’ai pas envie de tuer accidentellement une personne avec laquelle je désire devenir ami.

    Je fronçais les sourcils. Il n'était certainement pas au courant que même s'il arrivait à m'étouffer pendant quelques instants ou qu'une balle ou une lame me passait à travers le corps, je pouvais aisément m'en sortir grâce à mes pouvoirs ? Enfin bon... Et en plus il n'avait toujours pas compris que l'amitié n'était pas quelque chose avec quoi je vivais. Je vivais avec la séduction et la manipulation, à la limite, mais ça ne faisait pas partie de vrais sentiment. Je n'éprouvais ni joie, ni amitié, ni autre. Seules des choses futiles comme les bonbons, la musique ou certains petits jeux me rendaient un petit peu joyeuse. Je n'avais jamais eu un ami depuis Reyn, et ça m'avait tellement fais mal que...

    - Les morts ne me parlent pas encore donc cela serait un échec total et je refuse de perdre. Parce que, oui, je suis le leader des Estate et je ne le suis pas devenu pour rien. Si tu penses que je suis faible, suicidaire ou quoi que ce soit, tu es loin de penser juste.


    Je tournais ma tête vers lui et souris.
    * Oh oui, je pense que t'es suicidaire. Faible après, c'est une autre histoire... Mais suicidaire à des moments oui.* pensais-je.
    Il me regarda un instant - ou plutôt regarda mes cheveux. Il devait certainement trouver leur couleur bizarre, mais c'était ma couleur naturelle qui en plus était familiale (Renji n'échappait pas à la règle). Mais, hélas, il continua de me parler.

    - Bon, en fait, je pense que tu es capable de survire seule et sans aucun problème mais il vaut mieux prévenir que guérir. Le point négatif est ailleurs. En fait je n’apprécie pas le fait d’être espionné jour et nuit d’une telle manière par une personne dont j’essaye de devenir l’ami.

    Rien à faire, mon gars. Je te suis si je veux, je ne te suis pas si c'est ce dont j'ai envie. De toute façon, comme d'habitude, tu ne m'entendras pas, ou tu entendras tes propres paroles donc... Et puis la nuit je dormais un peu aussi, donc c'est pas comme si je l’espionnais non plus 24/24...

    - Si tu veux m’espionner le jour, fais-le à découvert, de toute manière cela ne changera rien puisque d’autres personnes seront-elles aussi en train de me suivre discrètement, comme chaque jour, j’en suis sûr. Et comme cela nous pouvons discuter ce qui est bien mieux pour atteindre un niveau amical. Maintenant, si tu tiens réellement à espionner mes nuits, change de chambre.

    Je ricane. Nan mais hors de question que j'ai un coloc' et en plus un mec comme ça. Il devait avoir fumé... ah oui, en effet il fumait. Sa pipe à la bouche, il avait commencé à mettre en feu une feuille totalement semblable à celle des Estate...

    - Dis-moi, Kyana... Que vois-tu dans l'emblème de ton clan, toi ?

    Je reniflai. Qu'est-ce qu'il voulait que j'y vois ? Dans celui des Heaven, le seul truc que m'évoquait les plumes du paradis était l'impression de liberté et de pureté. Chez les Naught... tout le contraire. Je me redressai sur ma branche, posais mes deux pieds dessus et me mettais debout. Prenant appui sur le tronc, j'atteignais la branche au dessus de moi et m'y accrochais solidement. Je me balançais un instant avant de monter sur cette branche, de crocheter mes deux pieds dessus. Comme il n'y avait aucun risque que mon tee-shirt ne remonte, j'ai basculé volontairement en arrière et ai regardé Kazuki, à hauteur de mon visage, la tête à l'envers. Il avait toujours une aussi sale gueule à l'envers... bon, c'est faux mais bon, qu'est-ce vous voulez que je dise ?

    - Chais pas. La tête à l'envers je te dirais que l'emblème des Heaven est toujours le même.

    Je souris. Mes cheveux pendaient au dessus de ma tête et ça me faisait marrer en temps normal.

    - Et puis, tu sais, je ne te suis pas partout non plus hein...

    Un nouveau petit sourire. Nan, je ne sous-entendais rien, je peux vous le jurer. Mais c'était vrai. Je ne lui suivais pas... en cours (car moi aussi j'avais mes cours) et... enfin bon bref.

    - Et pour information, je suis très bien dans ma chambre, et je n'ai pas besoin d'un colocataire pour l'instant mais... Si jamais tu veux avoir quelqu'un avec toi dans ta pauvre petite chambre, fais-moi signe.

    Je croisais mes bras sur moi et commencer à me balancer doucement. Si jamais la branche lâchait... je finirais par terre, le crâne fendue.


[Sorry la flemme de mettre tes paroles en forestgreen x)]
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 27 Aoû - 23:56

« - Chais pas. La tête à l'envers je te dirais que l'emblème des Heaven est toujours le même. »

C’était une réponse à ma question, ça ? Que Kyana s’embête à se mettre à me regarder la tête à l’envers, qu’elle le fasse mais, si c’était pour une telle raison, elle aurait pu s’abstenir. Néanmoins, je ne dirais rien : tant que cela lui faisait plaisir, qu’elle le fasse. Est-ce que cela voulait dire que, contrairement à moi, Kyana ne voyait rien dans l’emblème de son clan ? Je réfléchissais un instant puis je concluais que l’emblème des Heaven faisait uniquement référence à la pureté, au Paradis et à la liberté. Les ailes d’Icare, peut-être. Bref, rien à voir avec mon interprétation de celui des Estate. Pour moi, sur l’emblème de mon clan, la feuille me représentait, le leader, voir l’ensemble du clan ce qui était accentué par le fait qu’à la base une feuille provienne d’un être vivant. Le feu lui, correspondait au sacrifice : sacrifier une partie de son être pour le clan et ses objectifs, que ce soit sa propre personnalité ou des membres. Mais cette interprétation ne me plaisait pas. J’étais capable de mettre ma personne entière sur le côté uniquement pour accomplir l’objectif utile des Estate mais j’avais peur des moyens que j’utiliserai si je venais à prendre une telle décision : la violence et la mort ne sont pas censés être une bonne base pour une alliance.

« - Et puis, tu sais, je ne te suis pas partout non plus hein... »

Ne pas me suivre partout, hein ? Je n’avais aucune preuve que ce qu’elle me dise corresponde à la réalité mais, si elle était ghost chez les Estate, un tel comportement dans l’espionnage serait très mal vu de ma part. Dans mon cas, si je veux aire suivre une personne, c’est 24h/24 et dans tous les endroits, indécents ou pas, dangereux ou pas, qu’importe tant que la personne est suivie. Bon après, j’aimais mes Estate donc j’affectai plusieurs ghosts à la même personne, en temps général, pour leur permettre de s’organiser et, apparemment Kyana m’avait espionnée seule. Au moins, elle avait admis m’avoir espionné ce qui voulait dire que mes conclusions étaient correctes. Je n’étais pas surpris, après tout c’était mes conclusions personnelles. Par contre...

« - Et pour information, je suis très bien dans ma chambre, et je n'ai pas besoin d'un colocataire pour l'instant mais... Si jamais tu veux avoir quelqu'un avec toi dans ta pauvre petite chambre, fais-moi signe. »

Bon. C'était prévisible mais j'avais tout de même essayé. Remarque, dormir en étant dans la même chambre qu'une machine à vous assassiner n'était pas très prudent. Mais au moins j'étais sensé être en mesure de voir la machine se mettre en action avec cette mesure qui, aux premiers abords, semblait on ne peut plus suicidaire. Pour ne pas accepter une telle proposition cela voulait sûrement dire que la filature qu'elle exerçait allait être moins intensive mais, puisque je ne pouvait en être sûr, il allait falloir que je redouble de vigilance. Par contre... ce que Kyana disait me semblait quelque peu contradictoire: premièrement elle refusait ma proposition et, en deuxième lieu, elle sembler accepter celle-ci si j'insistais. Mais pour l'instant, j'allais laisser ce point de côté et continuer avec quelque chose qui m'apporterait plus de renseignements sur mon objectif...

Pour l'instant, ce que je savais de Kyana et qui était réellement important englobait une partie de ses pouvoirs ainsi que le fait qu'elle ait fait partie des Naught et soit maintenant l’assaillante des Heaven. Pour l'instant, cela ne suffisait pas. Kyana m'avait bien dit qu'elle n'accordait pas sa confiance à qui que ce soit d'autre qu'elle-même mais cela ne voulait pas forcément dire qu'elle n'avait pas d'ami, juste qu'elle avait une conception différente de l'amitié que la mienne, ce qui était plausible. De ce fait découlent évidemment deux questions que je ne peux m'empêcher de penser, avant de voir comment les poser. La première, "Est-ce que Kyana a des amis?" n'est peut-être pas la meilleure chose à demander mais peut toujours être utile: connaître les personnes qui ont réussies à apprivoiser l'animal sauvage permettait de savoir par quelle direction commencer. La deuxième, nettement plus intéressante pour moi était "Quelle est, pour Kyana la définition de l'amitié?" ce qui me permettrait, entre autre, de m'adapter à celle-ci. Cette question étant non seulement plus intéressante mais plus correcte, ce fut celle-ci que je décidai de poser à la jeune fille, qui était toujours tête à l'envers, ce qui s’avérait quelque peu perturbant.

"-Dis moi, Kyana... Si tu n'offre pas ta confiance à qui que ce soit, dans ce cas, quel est ta propre définition de l'amitié? Comment vois-tu une amitié? Je suis adaptable, tu sais..."

Oiseau de fumée. Une chouette que je crée à partir de la fumée qui continue encore à s'échapper de ma pipe pendant que la nuit progresse, doucement, enfermant le monde et la forêt entière dans les ténèbres. Même sans utiliser ma clairaudience, j'entends aisément les quelques animaux diurnes qui n'étaient toujours pas couchés se hâter vers leurs repaires tandis que les animaux nocturnes, bien réveillés, eux, commencent à s’envoler. Une chouette vient se poser sur une branche près de la mienne, la tête tourné et fixant sa compagne de fumée. Puis une deuxième. Puis une troisième. Et ainsi que suite jusqu'à ce qu'une douzaine de chouettes ayant pris possession de l'arbre ou Kyana s'était réfugiée quand je l'avais surprise au mauvais moment: après l'utilisation d'un étrange pouvoir qu'elle ne semblait pas contrôler.

D'ailleurs, moi non plus je ne contrôlais pas tout mes pouvoirs, au vu des énormes migraines que me donnait cette clairaudience qui avait d'ailleurs la fâcheuse tendance à s'activer automatiquement, m'apportant des nouvelles indésirables du futur, du passé, de lieux éloignés. C'était réellement ennuyant à la longue, surtout dans les conversation. Et en plus, le mal aux oreilles qui s'en suivait était tel que je le ressentais encore et, pour me soulager, je plaçais délicatement ma main sur l'oreille concernée dans le but de la malaxer avant que mon attention ne retourne vers Kyana. Une attention qui résidait en une dernière question utile: les goûts de la jeune fille.

"-A propos de tes émotions... Joie, haine, peur, tristesse, bonheur... A quoi sont-elles liées? Y a-t-il des choses que tu apprécie réellement?"

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Mar 28 Aoû - 15:51

    *La tête à l'envers ~♪* chantonnais-je intérieurement sur l'air de "To the sky" de Owl city.
    Je regardais un peu partout. A vraie dire je passais beaucoup de temps la tête à l'endroit donc quand ce n'était pas le cas j'avais envie de me balancer comme une folle et de chanter quelque chose de débile... La réflexion n'était plus trop de mise, par contre. Donc du coup, j'attendais sagement que Kazuki réponde quelque chose... Ce qu'il fit après avoir longuement réfléchis, bien sûr.

    - Dis moi, Kyana... Si tu n'offre pas ta confiance à qui que ce soit, dans ce cas, quel est ta propre définition de l'amitié ? Comment vois-tu une amitié ? Je suis adaptable, tu sais...


    Je fronçais les sourcils, toujours la tête à l'envers. Ce mec ne pensait donc qu'à l'amitié, au peace and love [HS : dédicace à Saaya XD] et à son clan. Bon le clan je veux bien mais l'amitié, la paix et l'amour quoi... Non pas que c'était ringard (je respecte ses idéaux) mais... Mais ce n'était pas tout dans la vie. On affrontait pas des monstres aux mains ensanglantées avec des bouquets de fleurs.

    - A propos de tes émotions... Joie, haine, peur, tristesse, bonheur... A quoi sont-elles liées ? Y a-t-il des choses que tu apprécie réellement ?

    Attendez... ce mec était psychologue ?! Nan mais c'était vrai quoi, pourquoi il me demandait ça ? Et en plus, ça lui faisait quoi ? Et puis de toute façon, c'est pas comme si je ressentais grand chose...
    Je réfléchis sérieusement cette fois à ses questions. Non pas que j'allais y répondre clairement, ce n'était pas vraiment mon but. En fait, je préférais rester assez floue, à partir de maintenant. Car c'est vrai que depuis le début je ne me montrais pas très discrète ni méfiante, et c'est vrai que je commençais gravement à me demander s'il était digne de confiance. De toute façon, je savais que je n'étais pas, plus, capable d'aimer, de ressentir l'amitié ou de faire confiance à quelqu'un. Pourquoi ? Tout simplement car une fois, ça marche, mais quand c'est terminé, ça vous brise. Et comme j'étais déjà brisée, je n'ai fais que m'émietter la dernière fois que ce genre de chose m'était arrivée...
    Je me rendis compte que mes pensées divaguaient vachement. Je me mis donc à réfléchir à ma réponse, sans penser à autre chose. Qu'est-ce que je pouvais lui dire pour répondre comme il faut tout en restant vague ? Hum...

    - Comment ça, amitié ? Tu crois sincèrement que c'est quelque chose qui fait partit de mon monde ?

    Petit sourire railleur. C'est vrai que j'avais rarement eu des amis, et jamais dans cet internat ou depuis que Reyn était... Le plus important, c'était de rester fixé sur sa cible et de ne pas, de ne jamais; changer de but. Les sentiments n'étaient que des obstacles, des murs et des portes verrouillées, qui vous empêchaient de l'atteindre. Alors depuis le jour de la pluie vermillon, comme je l'appelais, j'avais décidé, et réussis à tenir, sans éprouver des sentiment positif, ou du moins en les ignorant. Mais quand on les ignore trop longtemps, est-ce qu'on est encore capable de les ressentir ? Bonne question...
    La seconde question de Kazuki s'imposa dans mon esprit. Joie ? Croyait-il que je ressentait ça, au moins ? Oui, bon, je l'avoue, il y a certaines choses parfois qui me rendent un minimum heureuse, comme... les bonbons, oui oui. Mais sinon, il y avait... Le sang, la guerre, les meurtres, tout ça tout ça. Haine ? Tout ce qui m'énervait pouvait devenir une source de haine avec moi donc j'allais pas tout citer. Peur ? Je ne pouvais pas dire que je n'en avais pas, à vrai dire avec ma claustrophobie et... Oui, je n'étais pas sans peur, mais c'était le plus souvent une peur ancienne, ou quelque chose de plus instinctif. Bonheur ? Hum... c'était pas la même définition que joie ? Bon bah pas grave...
    Toujours la tête à l'envers, je regardais Kazuki qui faisait des chouettes de fumée. Enfin il me semblait vaguement que les chouettes qui s'étaient posées sur l'arbre n'était pas en fumée. J'espérais simplement qu'elles n'allaient pas me tuer... à coups de bec. Je décidais de lui répondre mais... quoi ?

    - Hum... tu veux savoir ce qui me rendrait heureuse ?

    Sourire.
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Kazuki Egawa
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Mer 29 Aoû - 22:26

"- Comment ça, amitié ? Tu crois sincèrement que c'est quelque chose qui fait partit de mon monde ?"

Nnnh? C'était quoi, ça? Elle essayait de me faire croire qu'elle ne savait absolument pas ce qu'était l'amitié? Ah ah... Qu'elle ait eu ou non une amitié dans le passé n'avait strictement aucun impact sur un point important: l'amitié faisait en effet partie et je n'accepterai en aucun cas une réponse contraire. J'étais d'ailleurs en mesure de le prouver et ce par A+B et pas avec mon côté utopiste. La logique criait toute entière pour démentir la vision erronée que Kyana avait d'elle-même. Et moi... Mon côté logique ressortait, étouffant quelque peu mon aspect amical et utopiste et analysant à la perfection ce qui sortait des lèvres de la jeune fille Cela allait certainement se répercuter dans mes paroles, plus froides, moins personnels. Juste des faits et des équations. Je m'apprêtais à lui répondre lorsqu'elle continua:

"- Hum... tu veux savoir ce qui me rendrait heureuse ?"

Question piège. Ou en tout cas, une question qui ne m'inspirait pas confiance. Si je répondais "Oui", elle allait probablement me dire d'arrêter d'être aussi curieux et si, au contraire, je répondais "Non", elle allait tout bonnement m'accuser de ne pas réellement vouloir être son amie. Comment pouvait-il en être autrement. Le monde entier était enveloppée dans un écran de fumée, de conspirations et moi, puis-qu’après tout, j'étais l'un des meilleurs êtres ayant vécu depuis le début de l'humanité, je me retrouvais au milieu de nombres d'entre eux. J'avais encore du mal à analyser la conspiration cachée au beau milieu de cette école mais, ces derniers temps, je sentais que je 'approchais, petit à petit, de la vérité. une vérité changeante pour une école changeante, les guerres semblants prendre de l'ampleur dans le futur d'après mes oreilles, ou tout du moins des changements importants. Mais j'avais confiance en moi: je savais que j'arriverais à démêler les secrets.

Qu'importe! Impulsion mentale qui me ramène plus près de la réalité: ma discussion avec la jeune fille qui à toujours la tête à l'envers. Est-ce que celle-ci n'a pas le sang qui... Face dégoutée. Étouffant ma pensée m'ayant surpris par son apparition soudaine, je montrai, l'espace d'un instant, un visage dégouté à la jeune fille. Quelque chose de si vif et soudain qu'il avait pu intriguer celle-ci. Bref, tenir aussi longtemps la tête à l'envers devait être fatiguant à cause de la circulation sanguine. Voila qui était dit et, comme j'étais préparé à penser à cette chose, cela ne fit aucun effet. Ce n'était pas comme si je voyais la chose. Non. Il fallait que j'arrête avec ces pensées, sinon, j'allais en avoir la vision. Je me dépêchai donc de parler à Kyana, élaborant ma réponse au fur et à mesure de celle-ci, ce qui n'empêcha pas ma voix d'être sûre d'elle, comme si elle exposait une évidence, une constatation:

"-Kyana Sheila Abigail Ashriel, tu es un être humain. La vie, le monde entier est comme un immense jeu: des règles règnent en maîtres. Dans cet immense jeu imagine un set de pièce appelé "Humains". Dans les caractéristiques imposées par la programmation, il y a les sentiments et sensations dîtes "humaines" ce qui comprend, bien évidemment l'amitié. Donc tu as parfaitement, j'imagine que l'amitié fait partie de ton monde parce qu'il ne peut en être autrement. Que tu vives toute ta vie sans l'expérimenter ou pas, cela reste le même. Donc autant essayer, non?"

Sourire. Cela me faisait penser au fait que nous avions décidé de discuter de choses normales et non de la guerre ambiante lorsque nous nous étions quittés, après le bowling. Visiblement, c'était venu tut seul, sans effort, comparé à ce que Kyana avait semblé penser. Alors qu'une idée jaillie dans mon esprit, mon sourire s'agrandit. Un sourire prenant une forme énigmatique et légèrement intrigante. Puis, je lançais, de manière enjouée:

"-Savoir ce qui te ferait plaisir? Hé hé... Je doute en avoir réellement besoin. Tiens, voyons... La vie est plus intéressante avec des paris. Faisons un pari: Si j'arrive à te faire éprouver l'émotion née de la joie d'une amitié avant la fin de la nuit, tu arrêtes de nier toute amitié et tu commences sérieusement à envisager de devenir mon amie. Qu'en dis-tu? Si j'échoue... Tu choisis ce que tu veux."

Faire un pari qu'elle n'avait aucune chance de gagner. Qu'elle accepte ou nom les résultats liés à ma victoire certaine, qu'elle respecte ou non les divers engagements qu'elle pourrait prendre, rien de tout cela ne m'était réellement important. Cette nuit, Kyana allait devoir admettre que son corps pouvait effectivement ressentir cette sensation. Le seul problème, c'était de ne pas prendre le coup qu'elle risquait de me donner si je la touchais mais, pour ça, j'avais toujours mes portails...

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Jeu 30 Aoû - 14:34

Je sentais qu'il hésitait à me répondre par oui ou non à ma dernière question. Il avait du comprendre que la réponse ne lui plairait pas forcement. En tout cas, oui, ça ne lui aurait pas plu que je lui dise de me lâcher les baskets. Ou de descendre de l'arbre et de me laisser. Enfin bref, vu comment il était buté dans ce genre de truc, il serait certainement resté. Ça m'aurait évité la leçon de vie...

- Kyana Sheila Abigail Ashriel...


Déjà, je détestais qu'on m'appelle par mon nom en entier. Ça me donnait tout sauf envie d'écouter la suite. En plus, vu l'air sérieux qu'il avait, conjugué à ce début de phrase pas très agréable, je voyais bien qu'il allait me parler d'un truc de très hauuuuuute importance, enfin du moins, pour lui.

- ...tu es un être humain,
finit-il.

Okay, première phrase, mal barré. Depuis quand j'étais dans la tranche "être humain". Hum, pour moi un être humain, c'était la chose qu'on croisait dans les rues. Quelqu'un de normal, quoi. Pas une personne qui détruisait tout petit à petit... Après, oui, je n'étais pas un animal, j'avais une pensée, des sentiments, une mémoire à peu près correcte, et je pouvais parler. Mais dans la catégorie des êtres humains, on pouvait dire que j'étais un monstre. Après, moi je trouvais pas tant que ça, mais bon bref...

- La vie, le monde entier est comme un immense jeu : des règles règnent en maîtres. Dans cet immense jeu imagine un set de pièce appelé "Humains". Dans les caractéristiques imposées par la programmation, il y a les sentiments et sensations dîtes "humaines" ce qui comprend, bien évidemment l'amitié. Donc tu as parfaitement, j'imagine que l'amitié fait partie de ton monde parce qu'il ne peut en être autrement. Que tu vives toute ta vie sans l'expérimenter ou pas, cela reste le même. Donc autant essayer, non ?

Je baillais. Hum, il ne pouvais pas prendre des comparaisons plus intéressantes ? Car là, c'était pas tout ça, mais la tête toujours à l'envers, je commençais à m'ennuyer ferme. Alors, pensant qu'il en avait finis, je posais mes deux mains sur la branche où je m'étais suspendue, et je pivote sur moi même. Je pose mes deux pieds sur la branche d'en dessous et lâche celle d'au dessus. Je reste debout un court instant avant de me tourner vers Kazuki et de m'assoir. Et, hélas pour moi, il a fallut qu'il continue de parler :

- Savoir ce qui te ferait plaisir? Hé hé... Je doute en avoir réellement besoin.

*Nan, ça c'est sûr. Je me passerais même bien de te le dire un jour... Si il arrive.* pensai-je.
Nan mais c'était vrai quoi. Qui avait envie de savoir mes goûts ? De toute façon, sérieusement, à part les bonbons, la musique, le sang, la guerre et les armes, qu'est-ce que vous vouliez que je réponde ? J'avais l'air d'être quelqu'un qui appréciais les fleurs et les petits chats tartines arc-en-ciel, ou encore la race humaine ?

- Tiens, voyons... La vie est plus intéressante avec des paris.

Mes yeux s'illuminèrent brièvement. Le mot pari avait fait tilt dans mon esprit. J'aimais jouer à des jeux, dangereux ou non. mon cerveau, ou plutôt mon esprit, commença à s'intéresser aux paroles de Kazuki, qui avaient commencées à m'ennuyer quelques instants plus tôt.

- Faisons un pari: Si j'arrive à te faire éprouver l'émotion née de la joie d'une amitié avant la fin de la nuit, tu arrêtes de nier toute amitié et tu commences sérieusement à envisager de devenir mon amie.


Je plisse les yeux. Hum... Compliqué tout ça. Mais vu comment il a l'air sûr de lui, vu comment il pense pouvoir réussir, je pense sérieusement, non pas à devenir son amie (putain il est buté ce mec, il s'est prit des murs étant gosse), mais qu'il ait une botte secrète. Un truc du genre... chais pas moi, pouvoir, technique secrète super bien gardée, ou autre chose... Donc ce n'était pas du jeu, si on pouvait utiliser les pouvoirs ou les trucs hypers méga secrets. Et de toute façon si jamais il utilisait un pouvoir sur moi je le sentirais...

- Qu'en dis-tu ? Si j'échoue... Tu choisis ce que tu veux.

Méfiante, je préfère réfléchir que me laisser emporter dans le jeu. Il avait l'air tellement sûr de lui face à cela que, même s'il était sans cesse sûr de lui, s'en était presque... louche [HRP : dédicace à Izayachi XDDD]. Alors qu'est-ce que je pouvais faire ? Accepter et marcher bêtement, ou refuser et... que la discussion ennuyante continue.
Je fermais un instant les yeux. Hum... Tricher était certainement la seule issue à tout ça. La seule véritable issue. Et tricher, c'était utiliser mes pouvoirs. Le plus approprié dans ce cas serait une simple manipulation... Mais ça se verrait trop facilement. Puisque là il est au courant que je suis près de lui, l'illusion ne changera pas grand chose à la donne. Maintenant, à savoir que si il utilisait ses pouvoirs mentalement, j'étais dans les trois quarts des cas immunisée : on ne pouvait pas changer mes sentiments par rapport à quelqu'un, ni me manipuler, ni m'obliger à obéir à un ordre. Ensuite, si c'était au toucher... je pouvais l'en empêcher.
Autour de moi, j'instaurais une légère couche de dix centimètres qui empêchait les éléments extérieurs à m'atteindre. Dès que quelques chose entrerait dans cette zone, elle se ralentirait à tel point que l'on aurait pas l'impression de bouger. Ça valait pour n'importe qui : Kazu, l'arbre, ou n'importe quoi d'autre. Si jamais on essayait de me toucher, on se retrouverais coincé. Et je réagirais certainement mal dans ce cas là.
Je souris, un sourire qui laissait légèrement apparaître mes dents. Je rouvris les yeux. Je savais environ que je pouvais maintenir ce genre de couche anti-vitesse pendant plus d'une heure sans avoir un changement au niveau des iris. Et plus d'une journée avant d'utiliser ma capacité d'absorption. Et donc, environ une semaine sans me sentir fatiguée d'utiliser ce pouvoir. Je répondis à Kazuki, même si je n'étais pas sûre de gagner ce paris :

- Je suis partante. Comment tu comptes t'y prendre en fait ?
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Jeu 30 Aoû - 21:17

"- Je suis partante. Comment tu comptes t'y prendre en fait ?"

Une simple phrase qui sonnait une douce mélodie à mes oreilles, la mélodie de la victoire assurée. Aucun effort particulier de ma part n'était nécessaire A moins que... Le sourire que Kyana m'affichai avec l'approbation du pari semblait cacher quelque chose. Elle avait pris du temps pour me répondre donc elle avait eu le temps de préparer quelque chose avec ses pouvoirs pour gagner, non? Parce que a jeune fille devant, celle dont les yeux s'étaient soudain illuminés à la simple mention du mot "pari" devait, elle aussi viser la victoire. Ce qui voulait dire que cela allait peut-être se révéler plus compliqué de la toucher, ce qui était ennuyeux parce qu'avant de bouger, il fallait que je cerne les défenses de Kyana. En même temps, j'étais persuadé que, quoi qu'elle ait mis en œuvre, je serais en mesure de trouver une faille si je me concentrais. Entre temps, je décidai de répondre à sa question de manière énigmatique: je n'allais quand même pas lui donner des informations sur ce qui allait arriver alors que cela lui permettrait à coup sûr de trouver un moyen pour me déjouer, hein?

"-Secret."

Hululement. Strident. Les chouettes près de nous avaient visiblement décidé qu'elle avaient fini de regarder et se mettaient à discuter entre elles, dans une effroyable cacophonie qui dérangerait tout essai de concentration de ma part, sans qu'aucun doute ne soit permis à ce sujet. Fichues chouettes. J'allais perdre, moi, perdre et ça jusque parce que des chouettes avaient décidé de partir? Certainement pas. Désolé, les chouettes, mais Kyana est plus importante. Levant ma main, je touchais l'une des chouettes et... Émotion positive. Je lui transmettais une émotion positive pour m'excuser de la panique que j'allais produire dans quelques instants et qui allait dissiper toutes ces chouettes ce qui m'autoriserait à réfléchir tranquillement. La chouette de fume éclata en une fumée qui s'éparpilla presque partout puisque j'évitais juste de déranger Kyana avec celle-ci, me méfiant de sa réaction.

Battements d'ailes. Toutes les chouettes, effrayées, volaient dans tout les sens et semblaient s'éloigner de l'arbre sans encombre. A une exception près. Une chouette près de Kyana était stoppée en plein vol et ne semblait pas pouvoir battre l'une de ses ailes. Décélération? Et merde. J'étais tombé sur le truc le plus difficile à contourner. Agrippant la chouette, hululant en continu pour se dégager, je l'expédiai ailleurs avec un portail. Sur une autre chouette. Bref, maintenant, j'étais bien embêté et je regardai Kyana, à la recherche de son emblème. Trouvé. Un bracelet portant l'emblème des Heaven pendait à son poignet et, plus important que tout, il était en contact avec sa chair. Contact direct. Faisant un sourire, je glissais ma main droite dans ma poche pour en extirper... Un collier Naught. Mettant celui-ci autour du cou, je fouillait à nouveau ma poche et trouvais ce que je désirai: un bracelet des Heaven.

Avec toutes les batailles et les différents morts qui en résultait parfois, j'avais été en mesure de collecter des bracelets et des colliers d'à peu près tout les clans et je les gardais sur moi car ils se révélaient d'excellents objets pour créer des portails. Très utile parfois, comme celle-ci. Un grand sourire naquit sur mon visage alors que la victoire m'était acquise. Cette méthode n'était pas forcément très correcte mais, puisqu'il n'y avait aucune règle et que cela me permettrait d'atteindre mon objectif sans pour autant pouvoir me le faire reprocher, puisqu'elle aussi utilisait ses propres pouvoirs, j’ouvrais un petit portail grâce au bracelet, débouchant directement sur la peau de Kyana. Posant le doigt dessus, entrant donc en contact avec elle alors que mon pouvoir d'empathie était activé, j’annonçais, simplement:

"-Perdu. Désolé pour le choc."

Activé, l'empathie convia vers la jeune, sans que celle-ci ne puisse rien faire pour l'en empêcher, le sentiment d'amitié et la sensation de joie qui était éprouvée dans nombre de mes souvenirs d'enfance qui, grâce à ma bibliothèque mémorielle, étaient aussi vivaces que lorsqu'ils avaient été ressentis. Frais. Indubitablement la sensation que Kyana venait de dénier. Elle avait perdu et, de fait elle n'allait plus être en mesure de denier complétement la possibilité d'éprouver de l'amitié envers quelqu'un. le seul problème, c'était que, même si cela était sensé m'être profitable par la suite, sa réaction, elle, allait sûrement mettre ma vie en danger. Et bien sûr, je n'avais pas envie de mourir. Ce qui voulais dire qu'au moindre mouvement trop suspect j'allais devoir utiliser un portail ou m'écraser par terre... Oh, et puis, en y réfléchissant... Il fallait que j'ouvre le portail tout de suite. j'ouvrais donc portail vers un autre Estate, mon Heal attitré, en occurrence, et, pour être sur d'avoir le temps de réagir, je rentrais à moitié dans celui-ci, ne laissant que ma tête et le bout de mon bras..

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Ven 31 Aoû - 12:40


- Secret, répondit-il toujours aussi sûr de lui.

Hmmmmmmm... Je le sentais mal. Car, tout bien réfléchit, si il gagnait et qu'avec n'importe lequel de ses pouvoirs il arrivait à me faire sentir quelque chose dans le genre, je ne savais pas ce que ça déclencherait chez moi. Et, de toute évidence, pas un truc joyeux joyeux tout plein, et certainement pas l'envie de me rapprocher de ce mec.
Les chouettes se mirent à pousser des hululement suraiguë. Agacée, j'ai voulue plus d'une centaine de fois me retourner, matérialiser un flingue et leur foutre une balle dans la tête. Mais ça montrerait clairement à Kazuki que je n'avais pas changé depuis que j'étais partie officiellement des Naught. Et même si c'était la vérité, je n'étais pas prête à admettre que j'étais chez les Heaven pour les espionner 24/24. Ça serait griller ma couverture, et tout, tout, sauf ça. Et encore moins avec le leader des Estate, qui serait capable de donner ces informations aux leaders Heaven pour faire une alliance.
J'observais avec une curiosité non dissimulée ce qu'était en train de faire ce dernier. Il touchait une chouette du bout du doigt. Cette dernière explosa et retomba en fumée... Oui bon jusque là, rien de très grave. Les autres chouettes s'envolèrent et partirent dans différentes directions. Sauf une, qui comme une idiote (tiens j'aurais du tirer dans celle-là) rentra dans mon périmètre de vitesse zéro. Hum... Elle ne pouvait plus bouger. Et Le leader des Estate s'en était aperçue. Kazuki la débloqua grâce à l'un de ses portails et se mit à réfléchir au "comment contourner ce pouvoir" ?
Et c'est bien ce que je pensais. Il avait compté sur le fait d'avoir un contact avec moi - alors que je détestais particulièrement ça quand ça n'était pas de mon initiative - et il allait enclencher son pouvoir qui n'avait je ne sais quel effet bizarroïde. Ce qui faisait que comme il semblait avoir un moyen de contourner mon pouvoir, j'étais crispée. Si jamais il me touchait, je ne savais pas vraiment comment je pourrais réagir. Car en étant en étant sobre et calme, je pouvais déjà mal réagir à un contact mal venu (dès que c'était trop agressif à mon goût, c'était le coup assuré), alors imaginez que je suis sobre, crispée, et qu'un sentiment que j'ignore et évite tout le temps de ressentir vient se mettre là au milieu... Ça ne pouvait pas donner bien, ça c'était sûr.
Kazuki me fouillait du regard. Je haussai un sourcil. Hum... Qu'est-ce qu'il foutait au juste à regarder... mon bracelet des Heaven. Il fouilla un instant dans sa poche et en sortit un collier des Naught, qu'il se mit autour du cou, puis un bracelet des Heaven. Il sourit, et je compris un peu trop tard qu'il allait utiliser ses portails - un pouvoir chez lui que j'avais négligé. Il créa un portail entre le bracelet dans sa main et celui... autour de mon poignet. Qu'il toucha. Aussitôt, ce n'est pas forcement le sentiment qu'il voulait me transmettre qui arriva à mon cerveau. Mais son énergie vitale.

- Perdu. Désolé pour le choc.

*Pauvre idiot...* pensai-je avant de fermer les yeux...
Croyez le ou non, mais le pouvoir d'empathie qui permettait au jeune homme de transmettre ses sentiments me fit ressentir ce qu'on pouvait appeler de l'amitié. Rien de très grave en soit, mais quand votre passé vous rattrape à ce moment là, c'est plus... chiant. Alors, j'eus juste le temps d'entrevoir qu'il avait passé la moitié de son corps dans un autre portail avant que le trou noir du souvenir ne m'engloutisse pour la deuxième fois de la journée...

Flash blanc et lumineux.
Joie ressentie comme à l'époque.

Je rouvris les yeux juste au moment où il m'annonçait qu'il m'adoptait.
- Je te nommerais Kyana. Kyana Sheila Abigail. Et je te donne mon nom de famille. A présent, pour tout le monde, même pour toi, tu seras Kyana Ashriel, fille adoptive de Reyn Ashriel. C'est d'accord ?
Comme à chaque fois que je revivais ce moment là, la joie m'écrasait la poitrine à tel point que j'étais obligé de pleurer - dans mon souvenir. Je me jetais au cou de mon père adoptif, qui je le savais, deviendrait mon seul ami, mais aussi l'un des souvenirs qui pouvait me détruire...

Flash.
Amitié...

Dans ce souvenir-ci, j'étais heureuse. L'entrainement s'était transformé en partie de cache-cache de caméléons. Reyn essayait de m'apprendre à "ressentir" l'énergie dégagée par les gens autour de moi. Ce que je n'avais jamais réussie. Car, le maximum de pouvoirs pouvant être supportés par le corps humains étaient six. Et que moi qui en avait déjà découvert quatre à cette époque, je savais pertinemment que jamais je ne pourrais accéder à un tel niveau de maîtrise et d'être capable de ressentir l'énergie qui se dégageait des êtres humains, comme pouvait le faire Reyn.
Mon corps invisible rentra dans un autre corps invisible, et je me mit à rire aux éclats et réapparaissant. Mon père fit de même et on joua un moment. Il m'avait entraînée, même si je l'avais fais moi-même avant, au combat, et quand on se chamaillait comme ça on essayait de se donner des coups. Il était fort, plus fort que moi même aujourd'hui, mais beaucoup plus lent.
A ce moment là, je me sentais légère, plus légère que jamais, la poitrine libérée de tout son poids. Je savais très bien ce que je ressentais à l'époque, mais après la mort de mon père, j'avais refusé de ressentir à nouveau ce sentiment - ainsi que de l'amour et de la joie. Je me l’interdisais. Pourquoi ?

Flash.
Tristesse.

La main posée sur le sol, les yeux fermés, concentrée, j'essayais de stopper mon drainage d'énergie. Je forçais mes mains à être imperméable à toute cette vie, cette énergie autour de moi. Mais rien à faire, c'était comme... bloqué. Alors, quand je comprenais enfin que je n'arriverais pas à réussir, que je finirais par tuer ce que j'avais de plus cher au monde, je me suis mise à pleurer. Ça faisait presque deux ans que je n'avais pas pleuré avant cet évènement, et autant vous dire que la tristesse alourdissait tout mon corps à tel point que je ne pouvais que pleurer.

Les images s'enchaînent, maintenant, avec des bruits entrecoupés. Des parasites apparaissent, comme sur des vieux écrans.
Peur, colère, tout s'enchaînent dans ma tête comme dans mon cœur, dans le présent comme dans mes souvenirs.

- Je pense que je devrais partir, disait le moi plus jeune.
- Bordel !
Les images se précipitaient de plus en plus vite. Et puis, alors que je voyais une énième fois le corps presque sans vie de mon père adoptif, le noir. Des grésillements pas très agréable, comme quand le mauvais temps fait disjoncter une télé. J'attendais, les yeux fermés. Je ne sentais plus mon corps, dans la réalité, alors je savais bien que ce n'était pas finit...
Dans le noir grésillant de ma télé du passé personnelle, deux points rouges remplis d'un pentacle chacun apparurent. Je su aussitôt ce que c'était : mes yeux lors de l'utilisation de mon pouvoir d'absorption. Un croissant blanc entrecoupé de gris apparut juste en dessous : un sourire carnassier, sadique, qui annonçait clairement mauvaise augure. Puis un seul mot. Un seul. Que je n'avais plus jamais dis avec autant de haine depuis. Que je n'avais plus dis du tout, d'ailleurs, ne voulant pas reproduire les effets.

- Mourrez.


Suivit d'un cri, un cri horrible à en glacer le sang de n'importe qui, même la plus insensible des personnes.


Je rouvre les yeux en sursaut.

Toujours assise sur ma branche, je m'étais à nouveau recroquevillée sans m'en apercevoir. Ma tête était enfouie dans mes bras, et je sentais que l'énergie que j'avais accumulée pendant mon flashback avait été énorme. Et qu'elle ne venait pas de l'arbre. Je relevais doucement la tête, laissant apparaître mes iris à nouveaux rougis par le passé. Je regarde Kazuki, dont le teint a prit comme par magie des tons blanchâtre. Je plisse les yeux un instant.

- Ne me touche plus, commençai-je à dire avec une voix rauque.

Je me sentais vide, comme à chaque fois que le souvenir revenait me titiller.

- Jamais.

C'était une menace, c'était un ordre, c'était un conseil, c'était une règle que je lui imposais si jamais il voulait avoir une chance qu'un jour il puisse m'approcher de nouveau. Je lui disais ça, d'un, pour me protéger. Si jamais il recommençait à utiliser ce pouvoir sur moi, je pourrais faire bien plus que de le mettre en garde. Et les mots pouvaient être très puissants parfois. Et, de deux, je faisais ça pour le protéger. Car quand les souvenirs refaisaient surface et que quelqu'un était à côté de moi, ce n'était pas compliqué.

Je le vidais encore plus vite de son énergie vitale. Je le tuais encore plus rapidement.
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Sam 1 Sep - 16:58

Emotions. Souvenirs. Le simple fait d'avoir transmit l'une de mes émotions à Kyana avait eu un effet surprenant sur la jeune fille. Cela avait produit un tourbillons d'émotions et de souvenirs qui se déversaient, non seulement dans l'esprit de l'adolescente mais aussi dans le mien, s'y gravant à jamais. Joie. Le premier d'entre eux était la joie qu'éprouvait Kyana lors de son adoption par un homme nommé Ren Ashriel. Premier élément intéressant dès le premier souvenir: Kyana n'était visiblement même pas son vrai prénom. Et elle avait déjà ressentie de la joie alors, pourquoi? Amitié. La deuxième émotion et le souvenir lui étant joint étaient l'amitié. Ainsi Kyana pouvait ressentir de l'amitié? Alors pourquoi est-ce que la jeune fille devant moi déniait-elle ce sentiment? Qu'est-ce qu'il s'était passé? Troisième émotion, troisième souvenir. Tristesse. La tristesse de blesser et de tuer son père par un pouvoir incontrôlé. Et, finalement, Colère. La colère liée à la mort de son père adoptif. Un colère telle que...

"- Mourrez."

Un mot. Un simple mot prononcé avec une colère telle qu'elle aurait choquée n'importe qui mais, cette colère, aussi importante soit-elle ne m'affecte pas le moins du monde. Ce qui me choque et qui me blesse, ce n'est ni cette colère ni l'énergie que Kyana me vole involontairement. Tout cela, aussi important soit-il est éclipsé par un point. Un simple point qui barre le cœur d'une cicatrice plus grande que celle du cri qui se fait entendre. Un point qui comme un trou noir absorbe tout le reste et le rend vide de tout impact. Un mot, un unique mot qui, plus que de faire ressentir la colère de Kyana à mon être me confrontait avec l'origine même de celle-ci, un sentiment tellement puissant qu'il avait créé une machine à tuer et une colère aussi importante. Ce qui avait contraint Kyana a se fermer pendant toues ses années, à nier le simple fait de pouvoir ressentir l'amitié. Le déclencheur.

Tristesse. Tristesse infinie. C'était ce que je ressentais cet unique mot. Une tristesse associée à un désespoir et à la peur. La peur d'être à nouveau blessée. Kyana était hantée par son passé. Un passé que je connaissais. Et un passé qui était le sel obstacle à l'amitié de Kyana. L'ennemi, ce n'était pas la personnalité de Kyana mais son passé, qui blessait même ceux qui ne faisaient que le voir. A partir du moment ou ils possédaient un cœur aussi développé que le mien. S'atteler à détruire les traumatismes d'un tel passé me semblait un œuvre presque impossible. Presque. L'attrait d'une telle tache était irrésistible, telle une partie de jeu. Un jeu. Entre moi et Kyana. Et le vainqueur gagnerait... Rien. Enfin... cela restait à voir. L'important n'était pas tant de détruire le traumatisme mais de devenir ami avec Kyana ce qui ne reviendrait pas forcément au même mais serait quand même ma victoire.

En fait, je serais stupide si je décidai d'essayer de faire plus que mon objectif en soignant la jeune fille. J'avais connaissance d'une de ses propres faiblesses, d'une manière bien plus approfondie que ce qu'elle le pensait et, si besoin était, je n'hésiterai pas un instant à exploiter celle-ci. Et le simple fait de devenir ami avec l'adolescente correspondait à exploiter cette faiblesse, cette peur de la perte d'êtres importants à ses yeux. Le seul problème, c'est que pour être réellement sûr de marquer Kyana, il fallait ressusciter Reyn et que je n'étais pas capable de faire cela. En plus, elle finirait par me tuer si je lui faisais quoi que ce soit.

"- Ne me touche plus. Jamais."

La voix de Kyana me ramena à la réalité en me tirant de mes pensées. C'était un progrès, qu'elle dise une chose comme cela parce que cela signifiait qu'elle en comptait pas l'éviter. Sourire. Fermant mes portails pour rester dans l'arbre malgré toute l'énergie que je venais de perdre, je décidais de répondre à Kyana de manière positive puisque je en voyais aucun problème à faire une telle promesses:

"-Comme tu veux. Par contre, toi aussi, tu dois respecter ta parole."

Bâillement. Avec le pompage d'énergie dont je viens d'être victime, mes muscles sont un peu engourdis et, de plus, je commence à être fatigué. Il fait nuit, après tout. Prenant ma pipe dans les mains, je remplis celle-ci d'herbes plus ou moins légales et j'y met le feu, commençant à fumer cet étrange mélange à pleins poumons, poumons qui resteront purs même avec une telle quantité de fumée, bien entendu. Cela me permet de mieux me sentir mais n'efface pas le manque d’énergie. Quoique, vu ce que je fume, il y a peut-être un effet. Étirement. Je m'étire puis je saute à terre avant de regarder Kyana, toujours perchée sur sa branche d'arbre. Avec un sourie, je lui dis:

"-Bon, vu ce qu'il vient de ce passer, je pense que je serais mieux au lit. Allez, descends de la que l'on rentre, s'il-te-plait."


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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Sam 1 Sep - 20:20

- Comme tu veux. Par contre, toi aussi, tu dois respecter ta parole.

Il baillait. Et je répondais en grognant puis en enfouissant mon visage dans mes bras, à nouveau. Nan, j'avais tout sauf envie de tenir ma parole. Mais... j'étais obligée. Et puis ce n'était pas mon genre de faire la mauvaise joueuse. Alors, presque imperceptiblement, alors que Kazuki commençait à fumer, je hochai la tête affirmativement. Je comptais toujours pas devenir ami avec ce mec - avec quelqu'un tout court - mais j'étais d'accord pour dire que je pouvais ressentir des émotions. Même si je n'étais pas prête à les ressentir un jour encore, et je ne savais même pas si j'en serais capable plus tard.
Le vide que je ressentais jusque là commença doucement à s'estomper. A la place, je me sentais faible. Nue. Car jusque là ma seule couche de protection contre les agressions internes comme externes était mon passé qui m'avait forgé une solide carapace. Et là, en une seule soirée, j'avais l'impression que cette carapace avait volée en éclats. Et ce à cause d'une seule personne. Et je n'en étais pas vraiment heureuse.
Kazuki descendit de l'arbre et dit :

- Bon, vu ce qu'il vient de ce passer, je pense que je serais mieux au lit. Allez, descends de la que l'on rentre, s'il-te-plait.


Je fermais les yeux. Laissais s'écouler le temps. Puis poussais un long soupir, me relevais doucement. J'avais plus envie de camper dans l'arbre que de rentrer à l'internat, cette nuit, quitte à me faire bouffer par un grizzly qui passerait miraculeusement par là. Comment ça les grizzly au Japon ça n'existe pas ? Et puis je ne me sentais pas capable de parler, de marcher ou encore de pouvoir regarder Kazuki. Se sentir faible, chez-moi, était signe que je n'allais franchement pas bien. Et il fallait dire que c'était le cas.
Je vacillais un instant, encore sur ma branche, avant de descendre de la même façon que Kazuki quelques instants plus tôt. Une fois à terre, je marmonnais :

- Ouais, parle pour toi... c'est pas comme si j'allais arriver à dormir.

Je ne savais pas s'il m'entendrait, et puis honnêtement, je n'en avais rien à battre. J'avais dis ça uniquement pour apaiser ma propre tension. Pour me défouler un minimum. Fuyant son regard, restant à deux mètres de lui, je regardais un instant avant de lui dire, sûre qu'il n'allait pas vouloir marcher avec son énergie de drainée.

- Par contre, je ne sais pas comment tu espères rentrer...

Je fermais les yeux, serrais puis desserrais les poings. Qu'elle attitude adopter ? Rester froide et distante jusqu'à ce qu'il abandonne ses idées stupides d'amitiés avec moi ? Je ne savais pas comment le lui faire comprendre mais rien de bon ne résulte et ne résultera jamais d'un lien quelconque avec moi. Comment je pouvais le lui dire ? "Je suis une dangereuse meurtrière alors la prochaine fois que tu m'approches je te tue" ? Oui, ça aurait été une bonne idée mais...
Je grimaçais. Je ne savais même pas si je serais capable de le tuer à ce moment là. D'un, il avait des capacités qui pouvaient lui sauver la vie (et me tuer, si jamais je ne réagissais pas assez vite), et de deux...
Je stoppais mes pensées là et continuais ma phrase, pensant avoir assez dérivé comme ça.

- ... mais moi je rentre à pied.

Je le regardais droit dans les yeux, ne pouvant cette fois pas cacher mes sentiments : même si je l'avais certainement cherché, je lui en voulais. Mes yeux exprimaient sans problème que ça me faisait tout, tout sauf plaisir. Pourquoi je lui en voulais ? Tout simplement parce qu'à chaque fois que je revivais mon passé, je me sentais affaiblie. Et que deux fois dans la journée, c'était vraiment pas top.

- Car, je vais te le dire clairement, il est totalement hors de question que je passe une fois de plus dans l'un de tes portails.


Je détournais les yeux et réfléchissais : par où partir ? Hum... Par...
*Là* pensai-je après avoir retracé mon chemin mentalement et avoir déterminé la position de la ville.
Je me mis donc à marcher, me foutant complètement de Kazuki ou de ce qu'il allait dire, si jamais il disait quelque chose. Il faisait nuit, et donc sombre dans la forêt, mais j'arrivais sans mal à me repérer et à ne pas trébucher sans cesse. Comment je faisais ? Car oui, c'était vrai que je ne pouvais ni voir dans le noir, ni sentir l'énergie dégagée par les arbres, mais je me souviens qu'avant que je parte de ma maison d'origine...
Je fermais les yeux un instant, chassant ces pensées perturbantes, et avançais.
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Sam 1 Sep - 22:24

J'attendis un certains temps que Kyana daigne descendre de son arbre, comme si elle l'avait décidé d'y passer la nuit. En fait, elle y aurait surement passé la nuit si je n'avais pas été la, la seule question, c'était: "Pourquoi avoir changé d'avis?" A cause de moi? Peut-être et, si c'était le cas, cela voulait dire que la cause n'était pas entièrement perdue, n'est-ce pas? Et même si elle l'était, il me suffisait juste de la regagner. Bref, Kyana fini par redescendre de son arbre, quelques minutes après le hochement de tête qui avait signalé une réponse positive à ma première question. Dévisageant la jeune fille, celle-ci n'avait, évidemment, pas l'air bien, pas bien du tout même. Les yeux rougis par ce qu'elle avait revécu, à cause de moi. Et cela s'était probablement produit deux fois dans la même journée: ce pouvoir d'absorption qu'elle ne maîtrisais pas avait tendance à la blesser si il devenait hors de contrôle et, après, il y avait aussi ces sentiments que j'avais forcés sr la jeune fille. Mais ils étaient un mal nécessaire, non?

"- Ouais, parle pour toi... c'est pas comme si j'allais arriver à dormir."

Elle avait un point mais, visiblement, contrairement à avant, elle semblait montrer un peu plus de bonne volonté puisqu'elle avait quand même décidé de descendre de son arbre et de rentrer vers la ville ou l'établissement. Ou bien avait-elle tout simplement décidé de faire quelque chose d'autre que rester recroquevillée dans un arbre?

"- Par contre, je ne sais pas comment tu espères rentrer..."

Comment j’espérai rentrer? ce n'était pas évident? Je ne m'étais pas embêté à fermer un portail si je comptais rentrer avec un portail donc il ne restait qu'une option: une balade de santé dans la forêt en fumant à mort pour récupérer du coup émotionnel que j'avais subit, partageant sensations et sentiments de Kyana et qui, de plus, me permettrait d'être encore plus épuisé une fois devant son lit et donc de s'endormir immédiatement. C'était donc l'option que j'empruntais en ce moment et je m’apprêtais à répondre à Kyana lorsque...

"- ... mais moi je rentre à pied."

Et bien, cela faisait deux, nous allions donc rentrer ensemble. Contact avec ses yeux. Les yeux de Kyana, toujours rouges, étaient emplis d'émotions et il ne faisait aucun doute qu'elle n'avait pas apprécié ce que j'avais provoqué chez elle, comment pouvais l'en blâmer? Par contre, si c'était le cas, il valait peut-être mieux que je rentre sans elle, pour lui laisser le temps de se reposer un peu, non pas pour récupérer de l'énergie qu'elle avait en trop grande quantité mais, au contraire, pour qu'elle retrouve un état psychologique un peu plus stable. De ces deux options, je ne pouvais en choisir qu'une. Pile ou Face? Le pari éternel que l'on faisait avec le cours des choses à chaque action était, une fois encore, revenue à un point crucial, pouvant peut-être décidé de la réussite ou non de toutes les actions que j'allais entreprendre dans le but d'obtenir l'amitié de Kyana. Pari dangereux ou sans grand risques?

"- Car, je vais te le dire clairement, il est totalement hors de question que je passe une fois de plus dans l'un de tes portails. "

Qu'importais puisque, de toute manière, je n'avais pas envie de rentrer avec l'un de ceux-ci mais, au contraire de marcher tout en étant épuisé et en ayant quelques muscles engourdis. Alors que je réfléchissais toujours au choix que j'allais faire, Kyana s'éloigna, se dirigeant elle-même vers la ville. Fumant toujours mon mélange bizarre, je détachais l'élastique qui me nouait les cheveux, les laissant retomber et commençait à marcher, en direction de Kyana, la rattrapant sans peine et, sans engager la discussion, la laissant dans ses pensées et, surtout, moi dans les miennes, ressassant tout ce que je savais sur la jeune fille et mettant à jour mes informations. Tout en faisant cela, je me promis d'écouter plus souvent Kyana puisqu'elle était, je ne pouvais prétendre le contraire, digne d'intérêt sur de nombreux plans et, spécialement sur son lien entre les Naught et le Heaven.

Bannie des terribles Naught et recrutée ensuite par les Heaven sans s'être fait tuer par son clan d'origine était surprenant, surtout en considérant la valeur de la jeune fille. Mis c'était peut-être cela qui avait empêché les Naught de la tuer. L'espoir de la récupérer? Ou bien tout simplement ne pas l'avoir dès le début? Quoi qu'il en soit, l’existence de la jeune fille signalait une chose: le clan des Naught méritait une attention immédiate. Une alliance avec ceux-ci relèverait sans doute de l'impossible s'ils n'avaient pas une raison valable de le faire et, par conséquent, j'allais devoir essayer de décrypter leur stratégie, pour pouvoir me préparer. Sourire. Kyana était réellement digne d'intérêt: il suffisait qu'elle fasse un rapport ou qu'elle lâche le nom d'un des deux leaders dont l'identité est cachée lors d'une discussion, que ce soit avec moi ou quelqu'un d'autre, pour que j'obtienne de précieuses informations sans qu'elle ne le sache. Exactement comme ce qu'il s'était passé pour ses souvenirs.

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Sam 1 Sep - 23:24

Il m'a suivit. Quoi d'anormal dans cela ? Ce mec était un vrai pot de colle, et ce n'est pas parce qu'on était dans une forêt, la nuit, seuls, et que j'étais largement capable de le tuer rien qu'en parlant, qu'il allait s'empêche de me suivre. Ce mec avait une mentalité peace and love doublé de sa colle Uhu ultra-forte... Pourquoi je tombais souvent, ou tout le temps, sur les plus collants ?
Mes iris étaient toujours rouges. Chose impressionnante qu'on ne pouvait remarquer que dans le noir : il émettait une lueur extraterrestre. Enfin... presque. Disons que si ça n'avait pas été à cause de la trop grosse absorption en une seule fois d'énergie, on aurait pu me prendre pour un monstre. Il n'empêche, ça éclairait aussi un peu le chemin. Et ça évitait de tomber comme une idiote.
J'essayais de ne pas penser à ce qu'il venait de se passer, à Kazuki aussi, mais rien à faire : mon esprit revenait toujours sur le sujet. Je trouvais qu'il avait une attitude bizarre. Juste un peu. Je savais maintenant qu'il pouvait transmettre les sentiments, et comme c'était un pouvoir souvent courant, je connaissais bien les autres effets de l'empathie : ils pouvaient sentir les sentiments des autres. Je pensais sérieusement qu'une personne normale aurait été déroutée de sentir juste les sentiments, sans les images. Alors que Kazuki, lui, était calme. Extrêmement calme. Pas un poil nerveux, pas un poil dérouté, pas du tout perplexe. Et bien je trouvais ça louche, moi [HRP : XD dédicace à Izaya !]. Alors il y avait deux options : ou il n'avait pas ressentit les sentiments, ou...

- Tu as vu ce qu'il s'est passé dans ma tête, non ? Mes souvenirs ? demandai-je à Kazuki en lui jetant un coup d'oeil.

Car oui, je n'étais pas vraiment au courant de ses capacités. Je savais maintenant qu'il possédait l'empathie, la maîtrise de la fumée, bien sûr, et son truc avec les portails. Rien d'autre... En fait, maintenant ça me frappait : je ne connaissais quasiment rien du leader des Estate, à par qu'il était leader des Estate et... son prénom et nom. Ensuite, ses plans d'alliance, mais sinon... Rien de vraiment personnel. Pas son passé, pas son âge, pas... Enfin en bref, pas grand chose. Et lui que savait-il de moi ? Hum... Beaucoup de chose, en comparaison. Ce qui n'était pas forcement un plus pour moi.
Il était l'un des seuls à savoir que j'avais appartenu aux Naught. Et j'espérais sincèrement qu'il n'avait pas l'esprit assez tordu pour m'utiliser à ses fins... D'ailleurs, c'était bien pour ça que je ne faisais confiance qu'à moi-même. Comment voulez-vous faire confiance à quelqu'un que vous ne connaissez pas et qui peut se retourner contre vous à chaque seconde ? Non, d'un on ne peut pas. Et de deux, si je ne le connaissais pas, c'est parce que je ne lui faisais et je ne lui ferais certainement jamais confiance.
Et puis pourquoi il ne parlait pas, là, le pdc ? (pot de colle mouhahaha) Il attendait que j'engage une conversation alors que je préférais crever que de le faire ? Hum... Tout bien réfléchit, je pouvais toujours le questionner. Ça prouverais que je respectais ma parole, même si derrière je n'en avais rien à foutre. Mais alors rien de... Enfin si, un peu. Mais du genre... vraiment un peu. Alors... qu'est-ce que je pouvais lui demander, au juste ? Son âge ? Question débile. Nan mais vraiment quoi... Les conversations "normales" n'étaient vraiment pas mon genre...

- Euh... au fait, je viens de remarquer un truc et...


Mauvais démarrage. Je me mords la langue. Pourquoi je ne pourrais pas attendre qu'il parle ? Euh... De toute façon, autant se rattraper.

- La dernière fois, avant de partir du bowling, tu m'avais dis que si je voulais savoir quelque chose sur toi, je pouvais te demander et tu me répondrais...

Je savais qu'il avait sous-entendu "dans la limite du possible". Mais bon, essayons quand même.

- Tu pourrais m'en dire un peu plus sur toi ?

Je ne le regardais toujours pas. A vrai dire, je n'arrivais toujours pas à le regarder sans lui en vouloir, et ça risquait de durer - à moins qu'un miracle ne survienne - une ou deux semaines, voir plus. Hum... Je précise :

- Pas par rapport aux Estate, à ton rang ou à tes pouvoirs et à la guerre, mais par rapport à toi. Je ne sais pas moi...

Je fronçais les sourcils, réfléchissant. Hmmm... Dans ce genre de cas, que pouvait-on demander à la personne comme question ?

- Tes goûts en matière de bouffe, par exemple. Ou... des trucs auxquels tu es accro, à par la clope.

Je faisais des suggestions alors que je savais qu'il avait comprit ma question. Et j'espérais qu'il comprenne mes intentions qui était, à ce moment là, influencées par le "peace and love" ambiant. Et, aussi, il fallait espérer qu'il ne voit pas que j'étais très, extrêmement, mal à l'aise : je n'étais pas dans mon élément avec ce genre de conversation, qui me déconcentrait un peu.
Continuant à marche tout en attendant sa, ses réponses, je réfléchissais à ce que je ferais une fois en ville. J'irais à l'internat ? Euh... non. Je ne pense pas. Je n'arriverais pas à dormir, comme je l'avais dis plus tôt. Et si j'y arrivais, c'est pour me réveiller dans une chambre dévastée. Alors... si j'allais me bourrer dans un bar de la ville, puis choper un pigeon, me le faire (ou pas), lui piquer son fric et lui détruire sa vie ? Hum... pourquoi pas !
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Dim 2 Sep - 0:51

Alors que je marchais tranquillement, vint la question que je redoutais. Kyana avait visiblement compris ce qu'était le pouvoir d'empathie ou, du moins, envisagé la possibilité d'un sens contraire ce qui voulait peut-être dire qu'elle avait entendu parler de ce pouvoir. Une question qui vint rompre le silence.

"- Tu as vu ce qu'il s'est passé dans ma tête, non ? Mes souvenirs ?"

Je ne pouvais pas lui répondre "Non" alors que je décidai tout simplement de ne pas répondre et d'attendre de voir ce qui allait se passer, si elle allait se montrer insistante ou pas. Parce que si j'avouais avoir vu tous ces souvenirs, cela voulait dire que j'avais eu une vision sur le cœur de Kyana sans lui demander la permission et, plus que tout, que j'avais vu des souvenirs qui étaient sensés rester enfouis et secrets. Nul ne pouvait prédire comment elle réagirait et je en savais pas réellement quoi faire au final.

Continuant à marcher quelques temps, les minutes passaient et Kyana allait commencer à se douter de quelque chose, j'en étais sûr ce qui voulait dire qu'il allait falloir que j'agisse vite. Finalement, j'allais juste dire la vérité. Ou tout du moins pointer très fortement vers cette vérité pour qu'elle la découvre elle-même. C'était ce que j'avais décidé et ce que je m’apprêtais à faire lorsque, soudain:

"- Euh... au fait, je viens de remarquer un truc et..."

Un début de conversation? Pourquoi s'était-elle interrompue? Et... Nan. Kyana n'allait pas engager volontairement une conversation avec moi.

"- La dernière fois, avant de partir du bowling, tu m'avais dis que si je voulais savoir quelque chose sur toi, je pouvais te demander et tu me répondrais..."

Et bien visiblement, si. Le début d'une conversation. J'avais bel et bien dis cela lorsque nous étions au bowling mais elle avait simplement répliquée qu'elle ne me faisait absolument pas confiance et avait semblé insinuer qu'elle y arriverais très bien toute seule. Qu'est-ce que ce revirement de situation voulait dire? De sa part, ça devait être quelque chose qu'elle pourrait utiliser plus tard, non?

"- Tu pourrais m'en dire un peu plus sur toi ?"

Perdu. Elle avait visiblement décidé de faire un effort, sûrement très importante puisqu'il venait d'elle pour s'intéresser à moi. Mais bon, il y avait aussi certaines parties de moi qui pouvaient lui être utile, de toute manière. Je me demandais ce que j'allais répondre au moment ou la situation progressa encore mieux.

"- Pas par rapport aux Estate, à ton rang ou à tes pouvoirs et à la guerre, mais par rapport à toi. Je ne sais pas moi..."

Joie. Kyana avait réellement fait un immense effort et m'avait demandé de parler de moi, dans une conversation normale qui m'impliquait moi, en tant que personne. Maintenant qu'elle avait cela, je n’allais certainement pas omettre de répondre à sa première question sur ses souvenirs, allais-je? Une telle bonne volonté devait être récompensée, surtout venant de Kyana dans un tel domaine: celui de se lier avec les gens. J'enlevais ma pipe de ma bouche et l’éteignait, laissant un résidu de fumée se dissiper dans l’atmosphère.

"- Tes goûts en matière de bouffe, par exemple. Ou... des trucs auxquels tu es accro, à par la clope."

Que répondre? Que j'avalais n'importe quelle nourriture juste parce que je pouvais adapter le goût de celle-ci? Parler de mes addictions? Non. Cela n'était pas assez intéressant, j'allais réellement parler de moi: de mon passé. Souvenirs contre souvenirs. C'était un échange intéressant. Je commençais donc à lui dévoiler ma glorieuse histoire. Mais par ou commencer?

"-Du jour de ma naissance, il y a 17 ans, un 23 Avril jusqu’à celui ou je me suis installé dans cet établissement,à l'âge de quatorze ans, j'ai vécu dans la ville de Fukuoka qui est le chef-lieu de la préfecture de Fukuoka, localisée dans Kyushu. Le couple japonais normal qu'étaient mes parents prit soin de moi durant ces 14 années."

Ma date de naissance, mon lieu de vie bref toutes les informations indispensables pour commencer étaient réunies ici. Maintenant, j'allais devoir sélectionner plusieurs passages de ma vie. Quoi de mieux que de commencer par l'école? Alors, voyons voir, ma scolarité... Après avoir fouillé ma mémoire pendant un instant, je repris:

"-Je fus scolarisé à l'âge normal pour un japonais et ma scolarité fut marquée par le fait que j'étais l'un des meilleurs élèves du Japon, n'ayant aucune difficulté particulière pour nombres de matières à l'exception, entre autre, des cours de sports. A l'âge ou je rentrais à l'école, j'avais déjà mémorisé les 1 006 kanjis qui devaient être appris à l'école primaire. J'étais le seul possesseur de pouvoir à ma connaissance dans cette école et mes parents m'ont encouragé à les cacher, ce que je fis, à quelques accidents près."

Tout cela grandement facilité par ma mémoire qui rendait les choses si simple: j'étais capable de coucher sur papier tout le cours et tout ce que j'avais vu était définitivement archivé donc apprendre un kanji ou des formules ne durait pas plus d'une seconde pour moi. Aucun problème majeur. Maintenant, que dire? Les amitiés. Voila, j'allais parler de mes amis et, par conséquent, de l'épisode de mes neufs ans.

"-Nouer des liens avec les autres élèves n'avait rien de difficile mais, il y en avait un qui était mon meilleur ami. Mahiro. Vu le lien important qui nous unissait, je l'avais invité chez moi, lors de ma neuvième année. Mahiro était un jeune enfant aussi énergétique que moi et nous avons joués plusieurs heures avant que mon pouvoir des portails n'apparaisse pour la première fois, ce qui constitua l'un des accidents dont j'ai parlé. Heureusement, celui-ci ne comprenant pas ce qu'étaient ces portails, il accepta sans peine de ne pas en parler et cela ne changea pas notre relation, au contraire."

Maintenant que j'avais abordé succinctement la partie sur mes amitiés, que pouvais-je dire? Ma vie avait été plutôt normale. Je décidai de continuer avec le choix de l'école.

"-A l'âge de douze ans, mes parents me firent découvrir cet établissement ou nous sommes actuellement, ce qui m'intéressa fortement. Ceux-ci avait compris que le fait d'être restreint de l'utilisation de tout ces pouvoirs me pesait parce que je ne pouvais être entièrement franc avec les autres et que, de fait, j'étais obligé d'éviter stratégiquement de nombreuses discussions avec mes amis pour ne pas me retrouver contraint à mentir parce que ne pas répondre ne passe pas dans certains cas. L'établissement n'acceptant que les enfants à partir de 14 ans, même si j'aurais pu comprendre ses cours, j'attendis deux années en planifiant avec mes parents mon séjour ici. D'ailleurs ils voulaient même emménager dans cette ville mais je les ai dissuadé et je en le regrette pas."

Que restait-il d'intéressant à dire sans que Kyana ne se désintéresse de ma réponse? Je ne le savais pas mais je continuais tout de même.

"-A mon entrée ici, bien entendu, je découvris la guerre ravageant l'école et je fini par devenir celui que je suis, poursuivant une paix utopiste au travers d'alliances presque chimériques. Ironique quand on sait que je m'appelle Kazuki. Espoir de paix, espoir d'harmonie. Et... JE pense que c'est suffisant."

Continuant à marcher au côté de la jeune fille, je me taisais un instant puis je repris, simplement, dans le but de lui faire comprendre que j'avais vu ses souvenirs:

"-Souvenirs contre souvenirs.

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Dim 2 Sep - 15:10

Les quelques secondes qui passèrent sans aucune paroles, entre ma dernière question et la réponse de Kazuki, furent les plus longs de ma vie. Je détestais, dans les conversations comme ça, qu'il y ai un blanc. J'avais la soudaine envie de baffer mon interlocuteur pour lui faire payer ce qu'il me faisait vivre. Mais, heureusement pour lui, il répondit bien avant que je lui donne un coup. Je commençais, pendant qu'il parlait, à compter les informations qu'il me donnait sur lui.

- Du jour de ma naissance, il y a 17 ans, un 23 Avril jusqu’à celui ou je me suis installé dans cet établissement,à l'âge de quatorze ans, j'ai vécu dans la ville de Fukuoka qui est le chef-lieu de la préfecture de Fukuoka, localisée dans Kyushu. Le couple japonais normal qu'étaient mes parents prit soin de moi durant ces 14 années.

De six à sept informations. Déjà, je m'en sortais pas mal qu'il me dise tout ça. J'écoutais avec attention et curiosité, mais à côté de me posais encore plus de question - qu'il fallait refouler pour ne pas que je le coupe. Par contre, comme je n'étais pas très forte en géographie japonaise, je ne savais pas - et m'en foutais une peu - où il avait habité exactement. Il continua à déblatérer sa biographie comme si de rien n'était.

- Je fus scolarisé à l'âge normal pour un japonais et ma scolarité fut marquée par le fait que j'étais l'un des meilleurs élèves du Japon, n'ayant aucune difficulté particulière pour nombres de matières à l'exception, entre autre, des cours de sports. A l'âge ou je rentrais à l'école, j'avais déjà mémorisé les 1 006 kanjis qui devaient être appris à l'école primaire. J'étais le seul possesseur de pouvoir à ma connaissance dans cette école et mes parents m'ont encouragé à les cacher, ce que je fis, à quelques accidents près.

Cacher ses pouvoirs ? Si jamais j'avais été scolarisée, moi, à son âge (ce qui n'a jamais été fait, d'ailleurs... avant l'internat du moins), je n'aurais pas cherché à cacher mes pouvoirs. De toute façon, les siens n'étaient pas très dangereux, surtout doublé de sa personnalité pacifiste. Mais quelque chose d'autre m'interpelait... Il disait que quand il était rentré à l'école, il avait déjà mémorisé la totalité des kanjis. Pour avoir essayé d'apprendre le japonais (en fait j'arrivais à le parler, mais pas à l'écrire) je savais très bien que ce n'était pas une tache facile. Alors ou il était surdoué, ou... il avait un énième pouvoir qui lui permettait d'avoir accès à beaucoup de connaissances, ou de retenir plus aisément quelque chose.
Et puis je fis le lien avec ce dont on avait plus ou moins discuté lors du bowling. De mon appartenance aux Naught. Je me souviens avoir tuer trois personnes humaines et les avoir vider de leur énergie jusqu'à ce qu'ils tombent en poussière, et j'avais utilisée l'énergie accumulée pour effacer la mémoire des gens sur moi, mon moi Naught. Et Kazuki se souvenait de moi. Alors ou il avait un pouvoir qui l'immunisait contre les attaques mentales, ou il avait un pouvoir de mémorisation, quelque chose comme ça. Et ça, je pouvais le tester...
C'est les pensées à présent obnubilées par le test que je voulais faire sur lui que j'écoutais distraitement la suite.

- Nouer des liens avec les autres élèves n'avait rien de difficile mais, il y en avait un qui était mon meilleur ami. Mahiro. Vu le lien important qui nous unissait, je l'avais invité chez moi, lors de ma neuvième année. Mahiro était un jeune enfant aussi énergétique que moi et nous avons joués plusieurs heures avant que mon pouvoir des portails n'apparaisse pour la première fois, ce qui constitua l'un des accidents dont j'ai parlé. Heureusement, celui-ci ne comprenant pas ce qu'étaient ces portails, il accepta sans peine de ne pas en parler et cela ne changea pas notre relation, au contraire. A l'âge de douze ans, mes parents me firent découvrir cet établissement ou nous sommes actuellement, ce qui m'intéressa fortement. Ceux-ci avait compris que le fait d'être restreint de l'utilisation de tout ces pouvoirs me pesait parce que je ne pouvais être entièrement franc avec les autres et que, de fait, j'étais obligé d'éviter stratégiquement de nombreuses discussions avec mes amis pour ne pas me retrouver contraint à mentir parce que ne pas répondre ne passe pas dans certains cas. L'établissement n'acceptant que les enfants à partir de 14 ans, même si j'aurais pu comprendre ses cours, j'attendis deux années en planifiant avec mes parents mon séjour ici. D'ailleurs ils voulaient même emménager dans cette ville mais je les ai dissuadé et je en le regrette pas.

Je fermais à demi mes yeux. Je remarquais lentement que je n'avais pas connu mes vrais parents. Et puis... enfin si, je les avais connu. Mais ils m'avaient enfermés dans un cachot. Donc je n'avais pas voulue aller les voir ensuite. Et puis, maintenant, ils étaient morts. Tant pis pour eux.
*Quels horribles gugus...*

- A mon entrée ici, bien entendu, je découvris la guerre ravageant l'école et je fini par devenir celui que je suis, poursuivant une paix utopiste au travers d'alliances presque chimériques. Ironique quand on sait que je m'appelle Kazuki. Espoir de paix, espoir d'harmonie. Et... JE pense que c'est suffisant.

Ce qui voulait dire qu'il en avait finit avec son histoire. Ni dure, ni choquante, on comprenait aisément que Kazuki soit peace and love avec un passé comme ça.

- Souvenirs contre souvenirs.

Je plissais les yeux. Il avait donc vu mes souvenirs. Qu'est-ce que je devais faire ? Le passé était quelque chose qui me détruisait, mais qui me protégeait aussi. Alors si jamais quelqu'un connaissait mon passé...

- Jamais, tu m'entends ? Jamais tu ne dis ce que tu as vu à quelqu'un d'autre.

J'ai failli rajouter un sinon, mais je me suis dis que ça aurait fait trop.
Maintenant le test. C'était simple : si il résistait au court terme à mon pouvoir de manipulation, il était immunisé contre n'importe quel pouvoir mental. Si il ne résistait pas... bah il m'obéirait, comme beaucoup de personnes avant lui.
D'ailleurs, je me demandais à chaque fois que je m'apprêtais à manipuler quelqu'un - n'importe qui - pourquoi je n'utilisais pas ce pouvoir pour... devenir la souveraine du monde ou que sais-je encore. Quelqu'un de puissant quoi. Alors qu'à côté, j'endurais toute sorte de chose : l'infiltration chez les Heaven, la guerre, enfin bref... A la tête du monde, je pourrais-
Je ramenais mes pensées sur le droit chemin. Je m'arrêtais, en plein milieu de la forêt, et attendais que Kazuki le remarque et s'arrête aussi. Maintenant que mes yeux avaient repris leur couleur herbe, je pouvais le manipuler sans qu'ils rechangent de couleur. Je ne voulais ni lui faire de mal ni autre chose de mauvais. Je voulais juste voir, tester. Maintenant, un ordre. Hum... Un truc qu'il ne ferait pas en temps normal. Sans vouloir le rendre coupable, bien sûr. Voyons voir... Il venait à peine d'éteindre sa pipe tout à l'heure. Et si... Je savais qu'il y tenait, mais vraiment, je n'avais aucun ordre sous la main à par lui faire danser le moonwalk ou encore lui faire faire la marelle. Ce qui n'était pas intéressant. Alors que là, je pouvais réparer ce que j'allais faire.
Je le regardais dans les yeux, activais mon pouvoir de manipulation et insufflais dans mes mots puissance, énergie et volonté : la clef de la manipulation consciente. De plus, je n'avais plus besoin de me concentrer sur la personne pour qu'elle obéisse, maintenant, et j'avais déjà réussi à faire obéir des arbres, des animaux, et plusieurs humains en même temps. Disons que j'étais assez puissante pour manipuler n'importe qui n'étant pas immunisé.

- Sors ta pipe, et casse-la.


Dernière édition par Kyana Ashriel le Lun 3 Sep - 20:27, édité 1 fois
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Kazuki Egawa
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 3 Sep - 19:32

"- Jamais, tu m'entends ? Jamais tu ne dis ce que tu as vu à quelqu'un d'autre."

Sourire. A qui aurais-je pu en parler? Les Naught? Les Heaven? Les Hell? C'étaient tus des ennemis potentiels et je n'allais pas livrer d'informations à ceux-ci pour rien. Et dans le cas des Estate, ils n'avaient pas besoin de connaître le passé de Kyana à partir du moment ou moi, leur chef, le connaissait. Ce qui voulait dire que je n'aurais aucun problème à tenir la promesse et, si jamais un jour je désirais rendre cela public, je pourrais toujours le transmettre d'une autre manière. En échange pour ma vie. Et ce n'était pas un échange que j'étais près à faire, pas avant de me faire un nom. Avec plus de renommé et de respect que celui que j'avais déjà. En effet, il me fallait effectuer au moins une action montrant ma grandeur dans ma vie donc je ne pouvais pas encore mourir, n'est-ce pas? Peut-être après cette guerre?

Parce que, en analysant les signes, on voyait parfaitement que tout commençait à bouger: cette guerre allait bientôt passer au prochain niveau et, en tant que leader des Estate, j'allais devoir les guider vers ma victoire et, par conséquent, il me fallait faire quelques changements, comme celui que j'avais fait lorsque j'avais nommé mon Second Second. Un très bon coup, d'après moi: même si Kyana ou qui que ce soit d'autre se dématérialiserait, ils souffriraient quand même des pouvoirs du "bakeneko". Que les Estate aient été satisfaits avec ce choix ou qu'ils m'aient pris pour un fou, qu'importait tant que je sortais vainqueur, en vie avec eux. Car je souhaitais le moins de perte et, par conséquent, ils n'avaient pas à connaître mes plans avant l'heure sous peine de causer la mort de quelques un, pour une raison ou une autre. Les autres chefs voulaient probablement tout savoir de mes actions, après tout. Ouvrant la bouche pour accepter ce que disais Kyana, elle m'interrompit avec une phrase que je n'avais pas vu venir.

"- Sors ta pipe, et casse-la."

Hein? Qu'est-ce que c'était que ça? Mon corps bougeait de lui même et sortais justement cette pipe. Et merde, de la manipulation: exactement ce que je redoutais dans ma vie de tout les jours. Mais... Est-ce que cela peut-être réduit à un certain niveau? Une fois ma pipe dans la main, je me concentrai: casser la pipe, OK. Mais la casser comme il faut, pas en mille morceau. Et mon corps obéit , cassant la pipe en deux morceaux distinct que mes portails pourraient remettre ensemble. La seule question, c'était Pourquoi est-ce que Kyana a donné un ordre aussi inutile? Probablement un test, non? Je ne voyais pas d'autre explication. Sourire. Me retournant vers Kyana en lui montrant les morceaux, je lui disais:

"-Fait. Satisfaite maintenant, Kyana? J'aurais référer ne pas avoir à la casser mais c'était le prix que tu voulais me faire payer n'est-ce pas? Aucun problème. Et pour ta promesse non plus."

Sourire une fois encore. Je tenais à ma pipe mais jetais les morceaux au sol comme s'il n'avaient aucune importance à mes yeux: demain je reviendrais les chercher et, ensuite, j'utiliserais mes portails pour forcer la réparation. Aucun danger, aucun imprévu. Même si nous sommes proches de la ville. Quoi qu'il en soit, je retournerais chercher les morceaux, que ce soit demain ou avant. Je ne tiendrais pas ne journée sans avoir envie de fumer, même si je n'avais pas d'addiction au tabac. Non, mon pouvoir m'attirais naturellement vers la fumée. Addiction à la fumée. Étrange mais réel. Regardant Kyana, je commence à poursuivre mon chemin, notre chemin.

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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Lun 3 Sep - 20:27

Tout bien réfléchis, lui faire danser le moonwalk aurait été encore plus marrant. Voir le lui demander rien qu'en le penser, comme ça il n'aurait rien comprit à ce qui lui arrivait. Alors que là, ses mains ont sortis machinalement sa pipe et l'ont brisés en deux. Mais je voyais bien que la volonté de le couper en deux venait de lui. Car c'est vrai que quand je ne donnais pas un ordre précis, quoi quand comment, il y avait parfois de petits imprévus.
Il sourit et se tourna vers moi, la pipe cassée entre les mains. Il avait vraiment un don qui concernait les sourires passe-partout, car là je venais de lui faire casser un objet qu'il avait en main presque cinquante pour cent du temps, je venais de le manipuler ce qui n'était pas forcement une chose cool, et il souriait. Alors que ce n'était pas marrant (pour lui) et qu'il n'y avait pas à sourire.

- Fait. Satisfaite maintenant, Kyana ? demanda-t-il.

Satisfaite de quoi ? Il croyait que je pouvais me satisfaire d'aussi peu ? Je manipulais des gens tous les jours, et la seule satisfaction que je pouvais tirer de lui avoir fait faire ça, c'était de savoir maintenant qu'il possédait uniquement une capacité de mémorisation, et non pas une immunité au contrôle ou aux attaques mentales. Maintenant, je savais qu'il avait cette capacité, celle des pouvoirs, l'empathie et le contrôle de la fumée et des odeurs. Aussi, ça faisait cinq. Il était au courant pour mes cinq capacités, même si pour la plupart il ne connaissait que la moitié de leurs fonctions. On était sur un pied d'égalité, maintenant, à ce niveau. C'était tout ce que je cherchais. Et non pas de la satisfaction.
J'écoutais distraitement la suite...

- J'aurais préféré ne pas avoir à la casser mais c'était le prix que tu voulais me faire payer n'est-ce pas ? Aucun problème. Et pour ta promesse non plus.

Je ne lui demandais pas de me faire une promesse. Je ne lui faisais pas confiance, et une promesse se base sur une confiance réciproque, non ? Alors à quoi ça servait. Je lui demandais de ne pas le dire, c'était tout, et il risquait de ne plus pouvoir m'approcher si jamais il en parlait. Car s'il en parlait à quelqu'un, je le saurais certainement. C'était là les avantages d'être Ghost dans un clan : on finissait, tôt ou tard, par tout savoir. Plus ou moins. Mais j'étais sûre que si jamais des mots concernant mon passé franchissaient les lèvres du leader des Estate, le seul à être au courant de ce qu'il s'est passé quelques années auparavant dans ma vie, je le saurais.
Il jetais les deux morceaux de son objet brisé par terre avec tant d'indifférence qu'on voyait bien qu'il allait trouver un moyen pour le réparer. Il se remit en marche et avant de le suivre, je m'approchais de sa pipe. Si je lui avais ordonné de faire quelque chose comme ça, c'était parce que je savais que je pourrais le réparer. Un peu de lumière et... le tour serait joué. Je mis les deux bouts dans la poche arrière de mon pantalon, avant de rattraper Kazuki, restant assez distante avec lui.

- Ce n'est pas pour te le faire payer, crois-moi.

Je reniflais. Et me demandais quelle heure il était. Voyons voir. Si la nuit s'était couchée peu avant que je lui mette un couteau sous la gorge, il devait être... Minuit ? Plus ? Moins ? Qu'importe.
*Continue de parler, Kyana. Reste distante mais parle. Justifie-toi* pensai-je.

- Je ne suis pas du genre à être mauvaise joueuse, et j'accepte d'avoir perdue le petit jeu, de devoir tenir une promesse. Ce dont je me serais passée, par contre, c'était des petits effets secondaires...

Je pensais avoir assez bien sous-entendu pour qu'il comprenne. Maintenant que je savais qu'il était tout sauf idiot, je ne pouvais pas le sous-estimer de ce côté. Je continuais...

- Enfin, ça, tu n'étais pas censé être au courant, hein. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce n'est pas de ta faute, mais tu ne savais pas donc...

*Un dixième de pardonné* faillis-je rajouter avec froideur.

- Au fait, quelqu'un est au courant pour... ta capacité ? demandai-je en montrant sa tête en guise d'explications approfondies.
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Jeu 6 Sep - 20:29

Kyana ne me rejoint qu'un temps après mon départ, ayant profité de celui-ci pour ramasser ma pipe ce qui voulait dire qu'elle avait quelque chose en tête et je ne savais pas quoi mais je mourrais d'envie de mettre ma main sur cette information. Après tout je tenais à ma pipe et savoir que Kyana avait pris le soin de la ramasser ne me permettait pas nécessairement de pouvoir voler la jeune fille plus tard ce qui voudrait dire... Une amitié brisée pour une simple pipe? Je n'en étais à coup sûr pas capable. Mais ce n'était pas encore une amitié et cette pipe n'était pas juste une pipe donc je savais que ce que je pourrais faire si réellement je désirais la retrouver n'était pas régi par les règles de la logique. En moi, enfouie au plus profond, se trouve une part de ma personnalité qui est prête à écraser toute les autres pour atteindre son objectif et je ne suis pas sûr de pouvoir la contrôler si il se passe quelque chose d'important. Un bain de sang, par exemple. Frisson parce que j'imagine la scène en question. Même mes très chers Estate pourraient en souffrir.Mais qu'importait ces pensées en cet instant ou Kyana avait la main mise sr cet objet précieux: il allait falloir que je continue à la surveiller bien plus que ce que je ne l'avais prévu ce qui voulais dire que je n'allais peut-être avoir le repos nécessaire pour récupérer mon énergie. Et si l'on associait à cela le fait que la vie de Leader est éreintante, surtout en étant connu de tous, cela voulait dire que ma vie future allait être bien plus compliquée.En plus, sans ma pipe, je ne peux plus fumer comme il faut car, même si je peux parfaitement créer de la fumée aux différentes propriétés chimiques propres à la fumée, toute joie était perdu du fait de l’absence de cette pipe qui me permettait d'aspirer cette fumée et d'essayer de jouer avec sans utiliser mes pouvoirs de contrôle.

"- Ce n'est pas pour te le faire payer, crois-moi."

Si ce n'étais pas pour me faire payer, il y avait deux solutions: soit Kyana en avait après ma pipe pour une raison étrange que je ne connaissais pas mais, vu que la jeune fille était étrange, cela était tout à fait possible, soit elle contait me rendre la pipe ou s'excuser plus tard, ce qui était un peu plus probable. Par contre, puisque c'était Kyana dont on parlait, ce n'était pas parce qu'elle pensait à faire quelque chose comme cela qu'elle le ferait et, si elle le fessait, cela risquait de ne pas être dans l'immédiat. Pour l'instant, je continuait à marcher en me demandant ce que me réservait la jeune fille qui semblait, au moins, m'avoir accepté par rapport à notre relation initiale. Marche, marche, marche et Kyana, elle, marchait à côté à côté de moi et continua à parler, d'elle même, alors que j'étais calme et peu loquace, ce qui était une situation peu courante. Il me restait à espérer que la suite prendrait la même direction.

"- Je ne suis pas du genre à être mauvaise joueuse, et j'accepte d'avoir perdue le petit jeu, de devoir tenir une promesse. Ce dont je me serais passée, par contre, c'était des petits effets secondaires..."

Les effets secondaires, hein? Elle ne parlait même pas précisément de ce qui s'était passé ce qui voulait dire que, pour elle, le choc devait avoir été encore plus grand que pour moi cependant, il y aurait eu un moyen de ne pas les ressentir, moyen que j'ai, bien entendu, identifié. Pour enfouir des sentiments négatifs comme ceux-ci, il suffit de les étouffer avec un autre sentiment, le seul problème étant de sélectionner le bon mais celui-là, c'était à Kyana de le connaître. Cependant, étant quelque peu rancunier de ce qu'elle m'avait obligé de faire à ma pipe, je ne lui répondais pas et ne partageais pas mes pensées, aussi géniales soient-elles. Et encore, elle avait de la chance que ma rancune soit aussi faible parce c qu'elle avait fait, cela me plaisait encore moins que le coup du couteau sous la gorge.

"- Enfin, ça, tu n'étais pas censé être au courant, hein. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce n'est pas de ta faute, mais tu ne savais pas donc..."

Finir sa phrase à "donc" me laissai la possibilité d'imaginer moi-même la suite de celle-ci mais cela voulait également dire qu’elle n'osait pas continuer sa phrase pour une raison quelconque. Et malheureusement pour elle, je n'étais pas assez fou pour ajouter "tout est pardonné" à la fin de la phrase et je penchai personnellement "ça ne change rien" puisque j'avais affaire à une ex-Naught, après tout et ça, ça se ressentait facilement, dans les gestes, les intonations, les yeux... Il se pouvait qu'elle fasse un immense effort pour changer mais celui qui dirait qu'elle avait entièrement changé n'aurait probablement pas réfléchit bien longtemps à la question. Et puis, il y avait les séquelles.

"- Au fait, quelqu'un est au courant pour... ta capacité ?"

Ah... Cette fois-ci, je devais répondre mais, dans les premiers temps, je n'en fis rien et, à la place, je continuais à marcher mais avec ma tête tournée vers la jeune, la dévisageant de la tête aux pieds pour gagner du temps, même si c'était inutile puis, faisant apparaître une pipe de fumée au creux de ma main, je décidai de fumer ainsi pour lui répondre. Plantant mes yeux dans les siens, je répondit d'une voix enjouée qui ne reflétait pas mon intérieur et qui envoyait tout de même un peu de fumée vers la jeune fille, fumée que je ne contrôlais pas.

"-Évidemment, Kya. Si je possédais unp ouvoir qe personne ne connaissait, je ne te donnerai pas d'informations dessus ou, en tout cas, la déduction ne serait pas aussi évidente."

Comme la clairaudience. Je continuais tranquillement à marcher, adaptant mes pas à ceux de Kyana et il ne nous fallut que quelques minutes pour atteindre l'un des chemins principaux qui menait vers la ville et traversait la forêt et, sas hésitation aucune, je m'engageais sur celui pour apercevoir l'ombre d'un chat dans n arbre voisin. Étais-je sous surveillance e la par de mon lieutenant ou n'était-ce qu'un simple chat sauvage? Je ne le savais pas et, surtout, je n'avais pas besoin de le savoir. A la place, je continuais de marcher.


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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Sam 6 Oct - 9:50

Il ne répondit pas tout de suite. Il m'en voulais certainement pour sa pipe. Mais rien à faire, vraiment, ce n'était pas un malheureux bout de bois qui allait m'empêcher de dormir. Okay c'était peut-être précieux à ses yeux et tout le tralala mais... personnellement, je ne tenais autant en rien de matériel. Mais au lieu d'avancer sagement en attendant qu'il daigne un jour répondre, j'ai tourné la tête. Il m'a dévisagé un instant, pensant à je-ne-sais-quoi, avant de faire apparaître une pipe de fumée dans sa main. Ah ouaiiiiis, c'est vrai qu'il était grave accro à la fumée ce gars... Mais il ne semblait pas avoir besoin de pipe pour en fabriquer, au moins. Ni pour m'en envoyer sur le visage - exprès, à tous les coups - tout en me parlant d'une voix enjouée, trop enjouée :

- Évidemment, Kya. Si je possédais un pouvoir que personne ne connaissait, je ne te donnerai pas d'informations dessus ou, en tout cas, la déduction ne serait pas aussi évidente.

Son ton enjoué sonnait vraiment faux après tous ces évènements. Alors on pouvait en déduire facilement quelque chose : il m'en voulait énormément. Je prenais le contrôle de la fumée en contacte avec la peau de mon visage grâce à mes capacités et l'éloignais de moi. S'il comptait m'étouffer qu'il le fasse d'une autre façon. En prenant en compte le fait que je pouvais contrôler l'air et aussi la fumée, il ne risquait pas de m'asphyxier avec cette dernière. Pas dans ces circonstances du moins.
Un lourd silence régnait entre nous. On était à présent sur l'un des chemins principaux menant à la ville.
Sa réponse m'avait énervée un peu, aussi, maintenant que j'y repensais. Y repenser... plutôt me la répéter en boucle, je devrais dire. Et plus j'y pensais plus j'avais envie de le laisser en plan, là, tout de suite, et de me casser dormir ou me soûler dans un endroit quelconque de la ville où il ne pourrait pas me retrouver. J'essayais de faire des efforts de... compréhension, peut-être ? De sociabilité ? de... je sais pas moi, mais je faisais des efforts et il ne trouvait que ça à foutre : faire le gosse pourri gâté et bouder dans son coin. Et bien... tant mieux ! Ou tant pis, au choix.
Mes poings se refermèrent et s'ouvrèrent machinalement. Une soudaine pulsion m'obligea et m'en aller. Pouf. Comme ça, oui, sans plus de blabla. Je me suis simplement dématérialisée et donc en quelques sortes, téléportée, jusqu'à l'endroit remplit d'alcool le plus proche. La lumière soudaine m'a fait plisser les yeux. Ca faisait quelques temps que je trainais dans la forêt avec l'autre, là, et du coup la luminosité me piquait les yeux. Je rentrais sans plus attendre. L'intérieur était presque vide. Pas beaucoup de clients, ce soir là. L'ambiance était plutôt... simple. Pas beaucoup de bruit.
Je me dirigeais vers le bar et m'asseyais sans un regard pour n'importe quel idiot. Je coulais un doux regard vers le barman qui se demandait d'entrée si j'étais majeur. Le genre de question qu'ils se posaient même avec les minettes de vingt-cinq ans qui en paraissaient beaucoup moins.

- Tu veux bien me servir quelque chose ?
demandai-je d'une voix mielleuse en lui demandant silencieusement d'obéir.

Alors qu'il s'affairait à me servir je-ne-sais-quoi, tant que c'était de l'alcool, je posais ma tête sur ma main et soupirais bruyamment. J'avais le moral à plat. Je me sentais encore plus vannée que des heures plus tôt, alors que j'avais absorbée plus d'énergie en une soirée que je ne m'en croyais capable en quelques mois.
Je sortais de ma poche arrière les deux morceaux de pipe de Kazuki, me demandant quoi en faire. La reformer et la lui redonner ou les jeter à la poubelle pour qu'il s'en rachète une comme un grand ? En tout cas, je n'ai pas réfléchis longtemps : j'étais fatiguée. Je me suis contentée de la remettre dans ma poche et de boire, en pensant que je m'en occuperais plus tard...

[HRP : Voilà, rep, mais vraiment pas d'inspi comme tu as pu le remarquer depuis le temps XDDD]
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MessageSujet: Re: La fumée et le caméléon dans la forêt...   Mer 10 Oct - 12:57

Marcher... Même, si j'avais décidé d'adapter mes pas à, ceux de Kyana, quelque chose de surprenant me ralentis: cette fumée que j'avais créée et à laquelle j'évitais d'imposer une direction se dirigea, bien entendu, vers Kyana, puisque la brise soufflait de manière à l'amener vers elle. Dans ce cas, pourquoi pouvait-elle la renvoyer ailleurs? Car oui, au lieu de suivre bien sagement sa trajectoire prédéfinie, au moment même ou elle toucha Kyana, une nouvelle force en pris le contrôle, l'éloignant de la jeune fille... Fichu pourvoir de camouflage... Car cela devait bien être du à son pouvoir de camouflage, n'est-ce pas? Il était le seul à prendre en compte l'élément extérieur d'une telle manière. Enfin... C'était ça, non? Ou bien alors elle avait encore un pouvoir? Enfin, cela n'était pas réellement important puisque, désormais, j'étais au courant, n'est-ce pas? Contrôle de son environnement immédiat, probablement.

Cela ne m'empêcha pas de continuer à marcher, loin de là. Après tout, j'avais l'envie et le besoin de dormir donc il fallait bien que je rejoigne mon lit puisque Kyana avait drainé une partie de mon énergie, énergie qui était nécessaire si je voulais être capable, non seulement de suivre les cours mais également consacrer du temps à mes Estate, ne serait-ce que pour inclure le nouveau paramètre "Kyana Ashriel" dans mes plans, puisque visiblement, cette histoire d'Ex-Naught assaillante des Heaven, sans même que les Naught ne la poursuivent, par exemple, était on ne peut plus intrigante. Enfin bref, je ne pouvais pas laisser cette jeune fille faire ce qu'elle voulait et me devais de la surveiller, surtout qu'elle avait ma pipe. Et peut-être que ses conversations m'apprendraient quelque chose d'intéressant?

Le temps que je finisse cette réflexion, Kyana avait disparue, probablement parce que, maintenant que je ne disais plus rien, elle n'avait plus aucun intérêt à me suivre sagement, je ne lui apportais plus rien du tout. Aucune information et aucun divertissement. Enfin bref, j'étais seul sur le chemin de la ville, avec les quelques animaux qui devaient se cacher dans cette forêt. Bifurquant légèrement, je prenais la route du dortoir en ligne droite, retournant vers les bois. Ceux-ci, bien évidemment, grouillaient d'animaux qui évitaient les hommes, animaux qui vivaient dans une forme de paix et harmonie formée par la chaine alimentaire, bien plus paisibles que les membres de cette école, auxquels j'allais devoir trouver le moyen d'apporter la paix. Une paix que tous sans exception devaient être capables d'apprécier. Et si ce n'était pas moi, Kazuki Egawa, qui apportait cette paix à l'établissement, alors qui serait en mesure de le faire? Y avait-il une seule créature au monde qui était capable de me surpasser si j'étais sérieux?

Il ne me fallu que peu de temps pour rejoindre les dortoirs et, finalement, me projeter sur mon lit, fermant les yeux m'amenant au royaume des songes pour le reste de la nuit, les rêves de paix éclipsant toute appréhension ou logique dans mon esprit et envahissant mon monde intérieur, symbolisé par mes rêves.

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